Des filtres pour éliminer les résidus médicamenteux de l'eau

Pour limiter la dissémination des résidus médicamenteux dans les cours d'eau, une équipe de l'INSA de Toulouse a mis au point des doubles filtres innovants, à installer à la sortie des stations d'épuration.

« Ces micropolluants peuvent poser des problèmes environnementaux et de santé publique si on les retrouve dans les ressources en eau potable. L’Europe va légiférer. C’est pourquoi nous avons orienté nos travaux vers ces questions», affirme Corinne Cabassud, professeure à l’INSA de Toulouse, responsable d’une équipe de recherche sur le traitement de l’eau au sein du Laboratoire d’Ingénierie des Systèmes Biologiques et des Procédés (INSA de Toulouse/CNRS/INRA).

 

L’élimination des antalgiques et anti-inflammatoires est un objectif majeur. Un jeune chercheur de l’équipe, Matthieu Jacob, y a consacré sa thèse, soutenue l’an dernier. Le procédé qu’il propose, mis au point dans le cadre d’un projet avec le groupe Saur, comprend deux barrières successives. Un bioréacteur à membrane permet de biodégrader certaines molécules et de retenir les bactéries impliquées dans la biodégradation. Une membrane d’osmose inverse rend possible une filtration de niveau moléculaire.

« Pour éliminer les médicaments, la nanofiltration que nous avions aussi testée, ne s’avère pas suffisante. Les molécules arrivent à passer par des pores de trois nanomètres de diamètre. Avec l’osmose inverse, il n’y a plus de pores. L’eau diffuse à travers la structure du matériau, ce qui permet une filtration beaucoup plus fine, utilisée aussi pour retenir les bactéries », précise Corinne Cabassud.

 

Son équipe continue ses travaux et a obtenu une labellisation Européenne ACQUEAU pour travailler avec des partenaires européens, en lien avec Polymem, entreprise toulousaine spécialisée dans la fabrication de membranes.


Contact : corinne.cabassud @ insa-toulouse.fr