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Renforcer les fondamentaux en 1re année


« La réforme du lycée a fortement modifié les programmes et donc le profil des bacheliers scientifiques. En tant que responsables de l'enseignement supérieur et acteurs du continuum Bac-3/+3, nous devons intégrer ses évolutions, capitaliser sur ses points forts et veiller à sanctuariser la puissance cognitive des futurs diplômés », pose Bertrand Raquet directeur de l’INSA Toulouse.

 

Pour les responsables des filières scientifiques de l'enseignement supérieur, le bachelier 2015 a un nouveau profil. La réforme du lycée a conduit à une refonte des programmes se traduisant, dans les domaines scientifiques, par un plus grand nombre de thématiques étudiées, parallèlement à une réduction du volume horaire en mathématiques et en physique dans la filière S. Un certain nombre de fondamentaux pour la poursuite de leurs études en école d’ingénieur sont aujourd’hui interrogés, car parfois moins développés ou bien avec des approches retravaillées.

Ce qui constitue aujourd’hui des points d’attention, c’est l’aptitude cognitive, comme les capacités de raisonnement et d’abstraction, ou bien encore la maîtrise disciplinaire. Citons à titre d’illustration les équations différentielles qui ne sont plus abordées au lycée.

La réforme offre par ailleurs à chaque lycée l’opportunité d’aménager les programmes dans la limite de 20 %, d’où un profil scientifique de lycéens plus hétérogène.

 

L’INSA Toulouse qui forme des ingénieurs en 5 ans doit pleinement jouer son rôle de « fonction de transfert » en mesurant sa valeur ajoutée : les conditions initiales, les acquis et capacités des néo-bacheliers se transforment au fil des changements sociétaux et des réformes de l’éducation nationale.

En parallèle, les cadres, ingénieurs, manageurs, doivent adresser de nouveaux défis : sur la base d’un socle scientifique et technique reconnu, les jeunes diplômés seront sollicités sur leur capacité à innover, en combinant agilité et responsabilité dans un contexte tant local qu’international.

Pour s’adapter à ces changements, avec des constantes de temps plus exigeantes, l’INSA Toulouse revisite ses cursus, et tout particulièrement sa 1re année. Une réflexion globale mobilise aujourd’hui les équipes pédagogiques, en s’appuyant sur les partenaires universitaires et industriels ; l’objectif étant une nouvelle maquette pédagogique, en 2017.

 

Un programme révisé en 1re année et des pédagogies actives déployées massivement dès cette rentrée

En réponse à ces éléments de contexte, le Conseil des Études de l’Institut a validé un renforcement des concepts de base en mathématiques, à hauteur de 40h supplémentaires, déployées dans la maquette de formation de la 1re année, dès cette rentrée. Ces heures s’inscrivent dans une nouvelle exigence pédagogique, basée sur l’usage des pédagogies actives, notamment dans le cadre du projet IDEFI DEFI Diversités.

 

« C’est la première année qui détermine le parcours de l’étudiant pour les années suivantes. Il est fondamental que les compétences de base (notamment en mathématiques) soient acquises et surtout que l’étudiant sache les mobiliser dans les contextes pluridisciplinaires que rencontre un ingénieur... » détaille Claude Maranges, directeur des études à l’INSA Toulouse.

 

Par exemple, l’enseignement des « Outils mathématiques pour l’ingénieur » qui permet de conforter les compétences calculatoires des étudiants pour aborder les concepts plus abstraits a été renforcé, en exploitant les expertises pluridisciplinaires de l’Institut. La pratique calculatoire restaurée doit également amener l’étudiant de 1re année à mobiliser ses savoir-faire en mathématiques pour résoudre des problèmes dans d’autres disciplines (physique, mécanique, chimie….).


Apprendre à apprendre, dès les premières semaines dans le supérieur, en s’assurant d’un travail continu et en profondeur, constitue aussi une clé de la réussite. Là aussi, des initiatives en mathématiques sont déployées. Grâce à un travail à distance avec le logiciel MapleTA et des tests en ligne mis au point par les équipes pédagogiques, l’étudiant s’astreint à un rythme de travail régulier avec pour objectif d’apprendre à travailler en autonomie tout en suivant sa progression au fil du semestre. Des séances de remédiation, exigeantes et attentives aux individus, en présence de l’enseignant, accompagnent ce dispositif. En mathématiques, comme en musique, les étudiants doivent travailler leurs gammes pour acquérir des automatismes et une certaine aisance dans la manipulation des outils de base.

 

« En nous appuyant sur notre expérience dans l’accueil des publics diversifiés, notamment des bacheliers technologiques depuis 10 ans, nous avons déployé des dispositifs d’enseignement adaptés : plus de projets, travail en groupe et un accompagnement à la méthodologie de travail renforcé ainsi qu’un suivi individualisé. C’est en partie cette approche qui nous guide avec les nouveaux bacheliers scientifiques dès la 1re année… » explique Géraldine Quinio, enseignante en mathématique et co-responsable de la filière Formation Active en Sciences (pour les lycéens titulaires d’un bac STI2D).

 

« Réinterroger nos pratiques pédagogiques et les cibles de notre formation est au cœur de nos missions. En s’appuyant sur l’expertise portée à l’échelle du Groupe INSA qui accueille chaque année plus de 2 200 néo-bacheliers, c’est un modèle de formation sur 5 ans en phase avec les évolutions socio-économiques que nous sommes capables de déployer, avec réactivité » conclut Bertrand Raquet.

 

Contact :

Claude Maranges, directeur des études, claude.maranges @ insa-toulouse.fr

Véronique Desruelles, directrice du service communication, servicecom @ insa-toulouse.fr