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Elsa Gaubert, canoë

Elsa, parlez-nous de votre vécu de la crise et l'impact sur vos entrainements.

Cette période de crise sanitaire a été une forme de résilience, de lâcher-prise pour moi. Avec la crise on ne pouvait plus suivre le même schéma qu’avant, tant du côté sportif que scolaire. J’ai dû apprendre à naviguer à vue, vivre un peu au jour le jour et sans certitudes de compétition, alors que je suis de nature plutôt à tout planifier au millimètre ! Je me suis adaptée et j’y ai beaucoup appris !

 

J’ai profité de ce nouveau schéma d’organisation pour profiter de ma famille un peu plus que d’habitude, me concentrer sur mes études et prendre un grand bol d’air frais dans ces années de compétitions qui se sont enchainés, faire le point sur le chemin parcouru et mes envies futures.

 

Quand le premier confinement a commencé, la fermeture des structures d’entrainement a vraiment fait un vide dans mes journées. J’ai vraiment dû m’adapter et trouver des nouvelles solutions d’entrainement. Après on a pu retourner sur l’eau, mais le calendrier des compétitions était toujours incertain.  Pour me motiver, je suis revenue à ce qui me rendait heureuse au-delà de la compétition dans mon sport, pourquoi j’étais passionnée : juste le bonheur d’être sur l’eau, la glisse de mon bateau. J’aime penser les choses positivement, et donc finalement, cette crise a été un peu un moyen de me ramener aux sources et de me recentrer sur moi, j’en ai saisi l’opportunité !

 

 

Comment s'est passée la reprise des compétitions et quels sont vos derniers résultats ?

La reprise des compétitions a été vraiment une bouffé d’oxygène ! C’est un peu comme quand on vous prive de quelque chose longtemps, quand vous savez que vous allez le retrouver, l’envie est multipliée, tellement vous en avez stocké ! Ma dernière compétition a été les Championnats du Monde en Septembre 2019. Ma première compétition de reprise les sélections Équipe de France le mois dernier. Une longue période sans repères sur mon niveau actuel donc, et pourtant je ne voulais pas me laisser envahir par le doute. Je sortais aussi d’une période d’examens à l’INSA, alors je savais que je devrai me battre avec les armes du moment et bien gérer ma semaine de courses mentalement, quoi qu’il arrive pour me sélectionner en Équipe de France.  Finalement, je me sélectionne avec 3 victoires sur 4 courses, ça a vraiment été une bonne surprise, et un gros soulagement.

 L’envie a pris le dessus, le bonheur de retrouver une ligne de départ aussi, je ne sais pas trop comment expliquer cette sensation : j’étais juste heureuse d’être sur l’eau et avec un dossard, je ne voulais être nulle part ailleurs à ce moment !


Quel a été le soutien et l'accompagnement apporté par l'INSA ?

Pour ma part, je rentre en 3ème année Génie des Procèdes l’année prochaine et quand je me retourne et que je vois tout le chemin parcouru, je pense à toutes les personnes, les enseignants, les camarades que j’ai pu croiser à l’INSA et sans lesquels, je sais sincèrement que je n’en serai pas là aujourd’hui ou alors plus difficilement.

 

C’est une chance énorme que l’on a de bénéficier d’un tel encadrement et bienveillance.  Pour nos profils, on ne pourrait pas suivre des études aussi exigeantes s’il n’y avait pas un cadre, des personnes pour nous écouter, nous aider à concilier nos différents échéances scolaires et sportives. Il y a vraiment un soutien à taille humaine et toujours une oreille attentive.

 

Je suis une personne sensible, et ça me touche souvent de voir le soutien et la bienveillance des personnes qui nous entourent ! Je ne sais pas si on se rend toujours compte de la chance que l’on a ! C’est un peu comme une grande équipe, on nous donne toutes les armes pour réussir, et c’est à nous d’en faire bon usage !


Quel est votre projet pour l'année à venir ?

Sportivement, il sera découpé en plusieurs étapes. Avec les Championnats du Monde – 23 ans en Slovénie en juillet, où j’ai à cœur de bien me placer dans ma catégorie d’âge. Les Championnats d’Europe en Espagne début août sur le format classique (course longue) sur lequel je travaille beaucoup aussi pour essayer d’y performer comme en sprint. Ce sera donc l’occasion de voir le progrès parcouru. Puis le point final de la saison sera les Championnats du Monde Sprint à la rentrée de Septembre où l’envie est plus présente que jamais pour réussir à m’exprimer sur ce bassin très technique. Après une 3ème place en 2019, j’ai forcément envie de faire mieux, mais j’ai vraiment envie de me concentrer sur ma navigation, avant le résultat. Le format sprint est celui que j’apprécie particulièrement donc le mot d’ordre sera le plaisir et le reste suivra !

 

Et mon projet dans sa globalité, je dirai que c’est d’être personnellement solaire, épanouie dans mes études, heureuse sur l’eau, disponible pour les autres, et souriante à la vie, et ce sera déjà très bien !

 

 

Crédit photo : Bruno Dazeur