[L’Actu – février 2025]
l’amélioration de la vie étudiante,
pensée par et pour les étudiants
La réflexion a démarré en novembre 2023 et les premières actions ont été mises en œuvre dès septembre 2024. La spécificité de ce nouveau schéma directeur de la vie étudiante ? Avoir été nourri, pour son élaboration, par la réflexion et les avis des principaux intéressés, les étudiants.
Présents dans l’équipe qui a travaillé sur la définition des orientations et des actions, ils ont aussi été sollicités pour faire remonter leurs vécus, leurs besoins et leurs attentes.
C’est en effet l’un des éléments notables de ce travail, la communauté étudiante a été associée, en amont de la réflexion sur les orientations, à l’élaboration du schéma directeur de la vie étudiante. Pourquoi le construire ensemble ? « Parce que ce sont eux qui peuvent témoigner de leur vécu, tout simplement », explique Véronique Torregrossa, la directrice du service vie étudiante et universitaire (SVEU). « L’option retenue, ce n’était pas de ‘sous-traiter’ cette réflexion à la direction ou de se contenter de simples observations ou remontées de seuls élus, mais de prendre en compte la vraie vie à l’INSA Toulouse pour élaborer un vrai plan d’actions qui colle à la réalité », complète Quentin Leroi, le vice-président étudiant (VPE), qui a évidemment été associé à ces travaux. « Car nous avons tous des vécus et des problématiques différentes. »
Le premier travail a consisté à élaborer un questionnaire pour les sonder. Un questionnaire qui s’inspirait de celui qu’avait réalisé l’Université de Toulouse pour pouvoir bâtir son propre schéma s’adressant à l’ensemble des étudiants du site toulousain et de ses antennes, mais qui a été voulu « spécifique à l’INSA Toulouse, parce que l’établissement abrite plusieurs résidences, un campus, une vie associative, des étudiants qui évoluent ensemble durant 5 ans, donc un esprit de communauté… », poursuit le jeune homme.
De l’« instantané » tiré de cette enquête ont été dégagés 7 thèmes, sur lesquels ont ensuite travaillé une centaine de personnels et étudiants rassemblés au sein d’ateliers entre février et mars 2024. Adopté par les conseils centraux en juin 2024, ce schéma, organisé autour de 3 axes stratégiques (« Accueil et intégration », « Réussite, épanouissement et bien-être de l’étudiant » et « Former une communauté d’étudiants responsables, engagés et inclusifs ») et décliné sur 14 thématiques, se traduit d’ores et déjà par des actions concrètes, l’ensemble de celles-ci devant être déployées progressivement sur 5 ans, jusqu’en septembre 2029.
Œuvrer davantage pour le bien-être et l’intégration des étudiants
Figurent parmi elles des actions visant à améliorer l’intégration et la santé mentale des étudiants, dont la dégradation, déjà observée dans plusieurs études, a été confirmée par cette enquête. Pour améliorer l’intégration, plusieurs opérations sont déjà engagées pour attirer davantage d’étudiants dans les logements basés sur le campus. « C’est un vrai facteur d’intégration de vivre sur le campus », souligne en effet Eugénie Hosten, associée également à la réflexion au titre de vice-présidente étudiante adjointe, fonction qu’elle a occupée jusqu’en juin 2024. « Mais 55 % des étudiants n’y vivent pas, pour une partie d’entre eux au regard de leur budget, pour une autre, parce qu’ils n’ont pas eu de places. Nous souhaitons donc lever les freins pour que ceux qui veulent y vivre le puissent. À la politique déjà actée par l’établissement de reprendre progressivement en gestion propre les résidences et de pouvoir donc proposer des loyers modérés mais aussi appliquer une politique d’attribution en fonction des revenus, nous allons ajouter un travail pour favoriser les liens au sein des résidences et une synergie avec la vie du campus. Cela passe, par exemple, par la réhabilitation de salles de travail dans ces résidences pour favoriser le travail en groupe. »
Mieux faire connaître les services du SIMPPS, méconnus de 60 % des étudiants
Pour améliorer l’accueil des étudiants, le schéma prévoit aussi des équipements pour faciliter le quotidien de ces derniers : installer un four micro-ondes au foyer pour permettre à tous de pouvoir se faire un repas chaud en dehors du resto U, rendre le Wi-Fi opérationnel partout à l’extérieur des bâtiments, installer des casiers alors que 55 % des étudiants ne vivent pas sur le campus et sont amenés à transporter des affaires pour les cours, pour le sport, etc. De même, c’est parce que l’enquête a relevé que 86 % des étudiants pratiquent une activité physique hebdomadaire sur leur temps personnel, que la rénovation des terrains de tennis, grâce à la Fondation INSA Toulouse, a compté parmi les priorités. L’objectif, résume Kévin Barge, le nouveau VPE adjoint, « est de donner aux étudiants les moyens de se sentir suffisamment bien pour réussir leurs études ». Et c’est aussi dans la même optique que l’établissement réfléchit à l’extension des horaires d’ouverture des salles de travail en libre-service ou encore de la bibliothèque universitaire.
Autre exemple d’application concrète devant contribuer à améliorer le bien-être des étudiants, la création d’une salle de bien-être dans l’Espace Marie et Pierre Curie, où tout un chacun peut venir se reposer, écouter de la musique, etc. Une initiative qui devrait être copiée dans d’autres bâtiments. Enfin, sur cet axe aussi, plusieurs actions sont prévues pour faire davantage connaître les services médicaux et sociaux du SIMPPS (Service interuniversitaire de médecine préventive et de promotion de la santé), sachant que 60 % des étudiants ne savent visiblement pas qu’ils peuvent bénéficier gratuitement de ses services.
Mieux traiter les problèmes de discriminations et encourager l’engagement des étudiants
De même, alors que l’enquête a relevé des attentes pour mieux traiter les discriminations, il a été décidé d’élargir la plate-forme de signalement des violences sexistes et sexuelles à ces dernières.
Ce travail au long cours a également permis de mettre en avant la nécessité d’encourager davantage la responsabilité et l’engagement des étudiants, notamment en matière d’écoresponsabilité, sachant, observe Véronique Torregrossa, que « 64 % des étudiants se sentent concernés par l’impact de leurs habitudes de consommation sur l’environnement ». Des actions de sensibilisation sur le cycle et le tri des déchets, sur la nécessité de réguler l’utilisation des écrans sont notamment prévues.
Donner plus de visibilité aux élus étudiants
Enfin, il est aussi question de donner plus de visibilité aux élus étudiants pour qu’ils puissent davantage remonter les problèmes et les avis. L’idée ? Mettre à disposition un local au sein du bâtiment 20 pour y tenir une permanence, mais aussi travailler la communication, via les réseaux sociaux. « Nous ne pouvons pas nous contenter du bouche-à-oreille car, même si nous avons une centaine d’élus qui siègent aux conseils centraux, dans chaque département, dans toutes les commissions et que nous sommes très investis, une partie d’entre nous est remplacée chaque année, ce qui explique que nous soyons parfois mal identifiés », observe Quentin Leroi. Il souligne aussi que seulement 15 % des étudiants ont voté à l’occasion des dernières élections de renouvellement des élus aux conseils centraux et des départements.
Rédaction : Camille Pons, journaliste
INSA Toulouse
135 avenue de Rangueil
31077 Toulouse cedex 4
Tél : 05 61 55 95 13
Fax : 05 61 55 95 00
J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










