[L’Actu – Avril 2024]
INSA, cet été, ouvre-toi !
Cela fait une vingtaine d’années que l’INSA Toulouse ouvre ses portes durant l’été pour proposer des programmes courts aux étudiants. Objectifs : leur permettre d’acquérir des connaissances et compétences scientifiques complémentaires à leurs formations d’origine, et, pour les futurs étudiants internationaux qui vont effectuer un temps d’échange à l’INSA dès la rentrée qui suit, les préparer à investir dans les meilleures conditions possibles le cursus.
On les surnomme « écoles d’été » parce qu’elles se déroulent sur la période estivale. Ces programmes courts sont ouverts à des étudiants extérieurs à l’INSA Toulouse qui souhaitent acquérir des connaissances et compétences scientifiques complémentaires à leur formation d’origine, se « frotter » à des méthodes scientifiques et équipements de pointe qu’ils n’ont pas dans leurs propres établissements, approcher le monde de la recherche ou encore, pour les étudiants étrangers qui s’apprêtent à s’installer ensuite sur « les bancs » de l’INSA Toulouse, renforcer leurs bases en français, via des cours de FLE (Français langue étrangère) pour mieux aborder le cursus à la rentrée.
Ce dernier programme est d’ailleurs le plus ancien. Co-organisé avec l’INP Toulouse, il accueille une trentaine d’étudiants chaque année. « Il s’agit, sur deux à trois semaines, en août, de permettre aux étudiants que l’on va accueillir la rentrée suivante pour une mobilité d’études, de renforcer leurs bases en français ou d’approfondir la langue pour qu’ils soient en mesure de suivre les cours à l’INSA Toulouse », explique Paul Angles, directeur administratif de la Direction des relations internationales (DRI). « Et nous complétons ces cours par des sorties culturelles pour faire découvrir Toulouse et sa région et les imprégner de la culture locale : visites de sites, rencontres sportives, culinaires… »
Un nouveau programme original cette année
À côté de ce programme, coexistent d’autres programmes de spécialités qui proposent un focus sur une thématique scientifique et sont « montés » à l’initiative d’une composante, un département de formation ou un laboratoire. Depuis deux ans, l’École universitaire de recherche BioEco (EUR) de TBI, spécialisée dans la formation et des actions de recherche dans le domaine de la bioéconomie, anime un programme court, Life cycle assessment (analyse du cycle de vie). Durant une semaine début juillet, une quinzaine d’étudiants de niveau master et doctorat peuvent s’initier aux méthodes d’analyse des cycles de vie.
Enfin, un tout nouveau programme, la MINATO Summer School, ouvre cet été en juillet. Proposé dans le cadre de l’EUR NanoX et animé par l’AIME (Atelier interuniversitaire de micro-nano électronique), il portera sur la fabrication de micro et nano objets. Le programme pourra être suivi par 24 étudiants de masters, issus de spécialités mathématiques, physique, chimie et informatique, sur deux ou quatre semaines, entre le 24 juin et le 19 juillet 2024. Ces étudiants seront initiés aux techniques de micro et nanofabrication, avec une approche interdisciplinaire pratique qui alternera des conférences et des activités expérimentales. Sa valeur ajoutée ? « Les étudiants auront accès à une salle blanche avec des équipements de pointe, ce qui n’est pas courant, et le programme est très orienté travaux pratiques », explique le directeur administratif de la DRI. « Les étudiants pourront se confronter à différentes expérimentations, et ce, dans un champ interdisciplinaire puisque ces techniques peuvent servir une grande diversité d’applications (électronique, cellule solaire, micro-super condensateur, capteur de gaz…) ». Ils auront l’occasion d’utiliser ces technologies depuis la plaquette de silicium vierge jusqu’à la construction et l’exploitation d’un dispositif entièrement fonctionnel.
Délivrance d’un certificat et d’ECTS comptant pour la validation de la formation d’origine
Au-delà de l’intérêt scientifique et/ou pratique qu’ils en tirent, les étudiants qui suivent ces programmes d’été se voient délivrer un certificat et des crédits ECTS (de 3 à 10 selon la durée du programme) qui comptent dans la validation de leur formation d’origine.
La DRI réfléchit aujourd’hui à de nouveaux programmes qui peuvent répondre à des attentes fortes, notamment de partenaires nord-américains et asiatiques. Ceux-ci sont en effet davantage demandeurs de programmes courts plutôt que de programmes longs (semestres ou doubles-diplômes), montés autour d’une thématique généraliste et associant des cours à teneur scientifique et une offre d’activités culturelles. Répondre à cette demande permettrait ainsi, en attirant davantage à l’INSA Toulouse les étudiants de ces établissements partenaires, « d’équilibrer les flux de mobilité sortants et entrants et donc de pérenniser l’offre d’échange proposée à nos étudiants qui optent de leur côté pour des programmes longs », précise Paul Angles.
Alors que le recrutement pour la MINATO Summer School s’est achevé le 22 avril, les candidats au programme FLE pourront de leur côté s’inscrire à partir de fin avril sur la plateforme eCandidat de l’établissement. Quant au programme de TBI, s’il fait une « pause » cet été, il fera l’objet d’un nouveau recrutement dès la fin de l’hiver prochain.
En savoir plus :
Aymara Cruz, coordinatrice de la mobilité entrante : a_cruz@insa-toulouse.fr
Rédaction : Camille Pons, journaliste
INSA Toulouse
135 avenue de Rangueil
31077 Toulouse cedex 4
Tél : 05 61 55 95 13
Fax : 05 61 55 95 00
J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










