Omar CHOA

 

La science et l’international clés en main

Trouver un poste qui lui permette de concilier la double dimension scientifique et internationale qu’il avait développée dans le cadre de sa formation et de ses premières expériences professionnelles était sa priorité. C’est parce qu’il a été « séduit » par l’INSA Toulouse, et en particulier par les valeurs par l’établissement, qu’il a choisit de rallier celui-ci en septembre dernier, où il œuvre en tant que chargé d’aide au pilotage de la recherche.

Omar Choa

Si aujourd’hui Omar Choa occupe le poste de chargé d’aide au pilotage de la recherche, où il seconde Carole Molina Jouve (lire « Carole Molina Jouve, la force du collectif »), c’est parce que, dit-il, bien que formé à la recherche, il préférait accompagner celle-ci plutôt que de pratiquer lui-même une activité scientifique. Un objectif atteint en intégrant ce poste à l’INSA Toulouse, auquel il pouvait prétendre grâce à un cumul d’expériences et qui était en adéquation avec des appétences personnelles et un récent choix de vie, celui de venir vivre dans le sud-ouest de la France.

Omar Choa est en effet tout « nouveau » à l’INSA Toulouse. Originaire des Philippines, il a d’abord posé ses bagages à Paris, en 2012, après avoir obtenu un diplôme d’archéologie à l’université des Philippines.

Durant 6 ans, il évolue au sein du Muséum national d’histoire naturelle, pour y suivre un master, puis un doctorat en préhistoire. Sa thèse, qui portait sur l’environnement, le climat et l’adaptation humaine dans son archipel d’origine, lui vaut d’être lauréat du prix Leroi-Gourhan 2017, car elle contribuait au contenu scientifique et culturel du musée de l’Homme, site où il était basé durant son doctorat.

 

Concilier sur un même poste sa double-expertise recherche-international

Il rejoint ensuite, en 2019, l’Institut Pasteur en tant que chargé de mission Asie-Pacifique au sein de la Direction internationale. Sa mission principale de diplomatie scientifique consistera à animer, pendant 5 ans, les relations avec les partenaires institutionnels (des ministères, dont celui en particulier des Affaires étrangères et ses homologues à l’étranger, ainsi que des ambassades françaises et étrangères) et les acteurs de la recherche afin « de structurer et de pérenniser la coopération scientifique avec cette région du monde ». C’est à l’issue de ces différentes expériences professionnelles qu’il va souhaiter concilier sur un même poste cette double-expertise recherche-international développée à ces occasions. Objectif qu’il concrétisera à l’INSA.

Mais pourquoi cet établissement et pourquoi Toulouse ? D’une part, parce qu’il avait, depuis 2022, fait le choix de venir vivre dans le Sud-Ouest et visait donc un emploi ancré sur ce territoire. D’autre part, parce qu’il se « reconnaissai[t] dans ce poste, ses activités et ses missions », explique encore le responsable, et parce que, « s’agissant d’une création de poste, en outre avec une nouvelle directrice, celui-ci [lui] donnait la possibilité de participer à une démarche de co-construction et d’apporter [sa] propre pierre à l’édifice ». 

« Séduit » par les valeurs de l’INSA Toulouse

Mais, c’est surtout parce qu’il est « séduit » par ses valeurs, qu’il préfère l’INSA Toulouse à tout autre organisme. Des valeurs visibles « à travers la volonté de former des ingénieurs humanistes, mais aussi à travers la stratégie scientifique de l’établissement, entièrement orientée autour d’enjeux sociétaux d’actualité. Je trouvais ça non seulement pertinent, alors qu’aujourd’hui tous les secteurs sont attendus sur ces enjeux, mais aussi très motivant, ayant de mon côté déjà été sensibilisé à cela durant mon doctorat. » Omar Choa aime citer à ce titre l’activité de médiation et de vulgarisation scientifiques des résultats qu’il avait été amené à développer durant son expérience au Muséum. « Communiquer, transmettre et associer le grand public à nos travaux faisait partie intégrante de la démarche », résume celui qui avait ainsi, dans le cadre de fouilles archéologiques menées dans un village aux Philippines, associé l’ensemble des habitants aux résultats via des comptes-rendus journaliers, mais aussi à travers la co-construction d’une exposition à l’issue de ces fouilles. « Ces villageois nous ont dit que, sans ce travail, ils n’auraient jamais pu en apprendre autant sur leur village, leur histoire et donc leur identité. Ce retour a suscité en nous un sentiment de fierté, mais surtout d’humilité, en voyant que notre travail pouvait avoir un réel impact sur la vie des gens. »

 

Un poste polyvalent

En rejoignant l’INSA Toulouse, il épouse donc une philosophie tout en satisfaisant des affinités plus personnelles. Car ce qui le passionne, c’est de « découvrir, comprendre le monde et résoudre des mystères, des énigmes ». Or, cette démarche qui est au cœur de la recherche scientifique l’est aussi dans son nouveau poste, où il est amené à développer de nouveaux outils et dispositifs pour augmenter la visibilité et l’impact de l’activité scientifique de l’établissement. Tout comme elle est présente dans ses loisirs, parmi lesquels occupent une place de choix les jeux vidéos d’aventure, où les énigmes font partie des principaux obstacles rencontrés par les joueurs, ou encore les séries policières.

Enfin, Omar Choa aime aussi dans ce nouveau poste sa dimension « polyvalente », notamment la grande diversité de projets et d’acteurs avec qui il est en lien, qui « offrent la garantie de ne pas s’ennuyer ». À titre d’exemples, il peut être amené à représenter l’établissement dans les rencontres organisées entre les laboratoires et le comité d’évaluation du HCERES (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), travailler avec la bibliothèque sur des sujets relevant de la science ouverte ou encore avec les ressources humaines pour obtenir le renouvellement de la labellisation européenne « HR Excellence in Research », qui atteste des bonnes pratiques en matière de recrutement et de conditions de travail dans le domaine de la recherche.

« Il n’y a jamais deux jours pareils »

Il est aussi partie prenante de grands projets visant à « faciliter les conditions de travail des chercheurs, afin qu’ils puissent se consacrer pleinement à leurs recherches ». Parmi ces projets, figurent la mise en place d’une démarche qualité au sein de la Direction de la Recherche, ou encore une première réflexion autour du développement d’une plateforme numérique depuis laquelle les chercheurs pourraient consulter et répondre à des appels à projets, alors qu’aujourd’hui tout transite uniquement par mail. « Non seulement, cela limitera le risque pour les chercheurs de manquer une information concernant un appel à projets, mais cela simplifiera aussi leurs démarches tout en allégeant les messageries », commente Omar Choa.

« Il n’y a jamais deux jours pareils ! », se réjouit aujourd’hui le responsable, qui apprécie également les aspects fonctionnels liés à ce poste, l’autonomie dont il bénéficie grâce la « confiance accordée par Carole Molina Jouve », tout comme l’attitude inclusive de l’ensemble de la communauté. « Une bienveillance importante dans le cadre d’une prise de poste », résume le responsable.

Rédaction : Camille Pons, journaliste

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J'ai toujours été passionné par les avions. 

Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.

J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études. 

Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».

 

De la technologie au collectif

Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.

Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.

La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance. 

Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.

Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.

Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.

Diversité, ouverture et sens pratique

Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »

Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.

Comprendre le monde pour agir

Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »

Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.

Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.

À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »

Former les ingénieurs de demain

Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.

Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »

Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.

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