[L’Actu – Février 2026]
Chaire GRDF : Les gazs verts en ligne de mire
Un premier accord-cadre, signé en 2019, avait acté la naissance de la chaire associant un partenariat de recherche à des actions en direction de la formation. Satisfaits du travail mené ensemble, les mêmes partenaires, GRDF et la Fondation INSA Toulouse, ont signé pour se réengager en décembre dernier, avec une ambition commune : accélérer la transition énergétique en renforçant l’innovation et la formation autour des gaz verts.
Les deux nouvelles conventions, l’une encadrant un programme de recherche et l’autre le mécénat, ont officiellement été ratifiées par Alexandra Bertron, Xavier Passemard directeur national R&D Biométhane et Alban Mathé, directeur régional Sud-Ouest de GRDF, le 18 décembre dernier. Cette signature prolonge l’existence de la chaire « Innovation biogaz » pour les 4 ans à venir, en élargissant la thématique aux gaz verts en général, alors que le 1er partenariat se concentrait sur des développements autour du seul biogaz. Mais elle garde le même double objectif : d’une part, développer de nouvelles connaissances et technologies, voire faire passer certains systèmes à l’échelle industrielle, et, d’autre part, former des ingénieurs responsables, engagés dans la transition écologique et sociétale et incités à rejoindre la filière.
L’ambition de départ de GRDF était de diminuer les coûts de la filière et de répondre ainsi aux objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie d’atteindre 10 % de gaz renouvelable dans les réseaux en France d’ici 2030. Ce qui avait rapproché alors le gestionnaire du plus grand réseau de distribution de gaz en Europe de l’INSA ? « Ils partageaient tous deux la même volonté de répondre aux enjeux de transition écologique », explique Gilles Hébrard, directeur adjoint de l’INSA Toulouse en charge de la transition écologique et sociétale, qui co-anime cette chaire. « Nous avions donc trouvé une synergie, d’une part pour partager des connaissances et faire diminuer le coût de la filière biogaz, d’autre part pour préparer et proposer aux étudiants des débouchés dans cette filière engagée et d’avenir. La reconduire nous a paru évident quand nous avons dressé le bilan très positif de ce 1er partenariat. »
Aller plus loin dans les recherches et sur une thématique élargie
Celui-ci avait en effet permis de mener à bien 7 projets, qui ont conduit à la production d’articles scientifiques (sept à ce jour), un dépôt de brevet et un rapport technique. Concrètement, par exemple, le projet Épurogaz a mené à l’industrialisation d’un système d’épuration adaptée au traitement des biogaz agricoles. Écofev avait permis de son côté de renforcer des connaissances techniques sur la thermique des méthaniseurs, publiées dans un document de référence. Un autre, baptisé Fleximétha, portait sur la façon de mettre en adéquation la fourniture de biométhane avec les besoins des réseaux. « La chaire avait aussi permis de s’appuyer sur des travaux assez larges que menaient déjà des laboratoires, pour essayer de développer, à cette occasion, des applications dédiées spécifiquement à la filière biogaz, par exemple pour la mise au point d’un système de captation de CO2 par certaines bactéries pour éliminer le soufre dans le gaz (projet BioSIRox) », complète Sébastien Pommier. Cet ingénieur de recherche au centre de ressource technologique Génie des procédés et technologies environnementales (CRITT GPTE) adossé au laboratoire TBI (Toulouse Biotechnology Institute, Bio & Chemical Engineering) est chargé d’animer la partie recherche de la chaire.
Certains de ces travaux feront l’objet d’approfondissements dans le cadre de la nouvelle chaire, « l’objectif étant de tendre davantage vers de l’opérationnel », précise encore Sébastien Pommier. D’autres se pencheront sur le développement de nouvelles technologies.
Les montages de projets facilités par le cadre
Pour Sébastien Pommier, poursuivre ces travaux dans le cadre d’une chaire apporte une plus-value non négligeable. « Le modèle de partenariat est grandement facilitateur », explique l’ingénieur de recherche. « Non seulement nous disposons d’un socle de financements assurés, mais l’accord encadre aussi les aspects administratifs et juridiques. Au-delà de ‘stabiliser’ les enjeux, ce qui accélère ensuite le montage de projet, il suffit de décliner une convention d’application, ce qui nous fait gagner beaucoup de temps. De même, ce cadre nous donne la possibilité de ne pas fonctionner en vase clos et de nombreux projets sont multi-partenariaux et associent d’autres laboratoires et entreprises. » C’était le cas par exemple sur le projet Phesox, qui associait l’IMT Atlantique (Institut Mines-Télécom) et l’École nationale supérieure de chimie de Rennes (ENSCR). Projet qui va être poursuivi « pour aller plus loin, et avec un partenariat élargi, dans le développement d’une technologie dont l’un des enjeux est de maîtriser le taux d’oxygène dans le gaz ».
La 2e convention encadre comme précédemment des actions de formation et de promotion aux métiers des gaz verts. Le mécénat va entre autres permettre de pérenniser la semaine de formation créée dans ce cadre et consacrée à la filière biogaz. Maintenant insérée à la maquette pédagogique de la 5e année du département GP3E (Génie des procédés eau énergie environnement), cette formation, « unique en France », selon Gilles Hébrard, accueille également des professionnels en formation continue. Elle offre ainsi aux futurs ingénieurs l’opportunité de baigner dans un contexte enrichissant avec des opérationnels de la filière ou des professionnels intéressés par ces développements.
Visite de la station d’épuration, dite STEP, d’Albi avec unité de méthanisation et réinjection biométhane dans le réseau de gaz naturel, qui clôture la semaine de formation filière biogaz instaurée par la Chaire.
Au-delà du soutien à l’enseignement – qui s’était aussi traduit les années précédentes par l’instauration de nouveaux travaux pratiques -, la convention de mécénat soutiendra la promotion des métiers (participation de GRDF au Forum by INSA, à des événements métiers et recrutements, visites d’entreprises, serious game proposé par GRDF aux étudiants de 4e année autour de la sécurité dans le métier du gaz…). Comme les années précédentes, elle devrait aussi favoriser l’échange d’étudiants avec GRDF en projets de fin d’études ou en contrats de professionnalisation.
Enfin, la chaire continuera aussi de soutenir le modèle social de l’INSA : bourses aux étudiants (égalité, inclusion, diversité) et soutien d’initiatives étudiantes et d’actions du campus durable, notamment par l’intermédiaire de l’association étudiante Travel Process.
Gilles Hébrard, présent lors de la signature officielle (à gauche sur la photo), partagera l’animation de cette chaire sur cette nouvelle période 2025-2029 avec Bérengère Poisson, directrice recherche biométhane de GRDF.
Rédaction : Camille Pons, journaliste
INSA Toulouse
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