L’Actu – Février 2026
Les débuts d’année sont l’occasion de faire des rétrospectives, de dresser des bilans et de donner à voir l’avenir. 2025 a été riche : création d’un Centre de transition écologique dont la vocation est de coordonner des actions entourant cet enjeu, reconduite d’une chaire dédiée aux gaz verts qui fait aussi la part belle à cet enjeu, célébration des premiers double diplômés INSA/Sciences Po, mais aussi, pour la première fois, des docteurs INSA… Au vu de la démarche privilégiée, « faire ensemble », ces succès en préfigurent d’autres à venir.
UN AN APRÈS, QUEL BILAN ?
La première année de mandat d’Alexandra Bertron s’illustre déjà par des actions très structurantes. En premier lieu, c’est l’organisation qui est transformée, afin d’accélérer les actions en matière de transition écologique, de renforcer le modèle social, de développer les liens avec les milieux socio-économiques et de favoriser la transversalité. L’objectif : mieux préparer encore les étudiants aux grands enjeux contemporains, au monde professionnel ou encore à l’interculturalité…
LES DIPLÔMÉS DE DOCTORAT CÉLÉBRÉS POUR LA PREMIÈRE FOIS
L’INSA Toulouse a honoré ses docteurs pour la première fois en organisant une cérémonie de remise des diplômes le 11 décembre dernier. Les mettre en lumière était important parce que ce sont ces jeunes docteurs qui dynamisent les laboratoires, qui les font rayonner, contribuant ainsi aux grandes transformations scientifiques du monde.
CHAIRE GRDF : LES GAZS VERTS EN LIGNE DE MIRE
Forts d’un premier bilan très positif, GRDF et la Fondation INSA Toulouse ont reconduit la chaire GRDF « Innovation biogaz ». La thématique cible les gaz verts et plus seulement le biogaz, mais les objectifs restent les mêmes : développer, à travers un programme de recherche, de nouvelles connaissances et technologies, et préparer des ingénieurs à investir cette filière.
DES INGÉNIEURS AU CROISEMENT DE LA TECHNIQUE ET DE LA DÉCISION
Le 17 novembre étaient célébrés les premiers double-diplômés INSA / Sciences Po. Une ressource de choix pour le monde socio-économique, puisque la plupart ont rejoint des métiers à l’interface des deux compétences auxquelles ils ont été formés : s’appuyer sur les sciences de l’ingénieur et une bonne compréhension des enjeux socio-économiques et politiques pour mieux accompagner les transformations.
INAUGURATION DU CENTRE DE TRANSITION ÉCOLOGIQUE
Le Centre de transition écologique sera inauguré le 12 février. Il accompagnera la communauté et coordonnera toutes les actions autour de ces enjeux, dans la continuité de ce qui a déjà été entrepris pour viser moins d’émissions de gaz à effets de serre, de consommation énergétique, plus de végétalisation, de formations et de recherches sur ces questions…
ÉLOÏSE CERCIAT
« Mes études finissent de la meilleure des manières alors que j’avais commencé avec le syndrome de l’imposteur ! » Éloïse Cerciat, double diplômée INSA/Sciences Po Toulouse, désormais chez de projet digital chez Airbus.
Rédaction : Camille Pons
Comité de rédaction, réalisation : service communication
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J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










