[L’Actu – Avril 2026]
ECIU University :
Reconduire le financement de l’Alliance pour innover encore dans la pédagogie interculturelle et interdisciplinaire
C’est depuis 2022 que l’INSA Toulouse peut, grâce aux financements obtenus de la Commission européenne par l’Alliance ECIU University, déployer davantage de pédagogies actives, interdisciplinaires et interculturelles. L’appel de fonds s’achève en 2026. Parce que ce budget avait permis un véritable enrichissement de l’offre de formation et que celle-ci avait suscité un attrait croissant, l’établissement a souhaité aller plus loin : un nouveau dossier vient d’être déposé pour reconduire le projet de l’Alliance deux ans de plus.
Force est de constater que l’engagement au sein d’ECIU (European Consortium of Innovative Universities) porte aujourd’hui ses fruits. Et le budget, obtenu en 2022 pour 4 ans dans le cadre d’Erasmus+ pour l’Alliance, n’y est pas étranger (lire « ECIU University entame une nouvelle phase de développement »). Ce dont se réjouissent Noëlle Billon et Ariane Abou-Chakra, toutes deux en charge de la coordination des actions à l’INSA Toulouse. Année « très riche concernant l’offre de formation », implication croissante des étudiants, « enseignants qui s’investissent », sont pour elles autant d’indicateurs qui justifiaient de demander un prolongement du financement européen de l’Alliance.
Cette offre de formation se décompose aujourd’hui en deux formats, dont l’une des caractéristiques principales est de mettre les étudiants dans une posture interdisciplinaire et interculturelle ; s’y mélangent des étudiants issus de diverses disciplines, d’autres universités et d’autres pays. Ces deux formats sont proposés à des étudiants volontaires sur une plateforme dédiée, « https://engage.eciu.eu ».
Des défis…
Premier format, qui a été développé dès la première phase de financement de l’Alliance en 2019 : l’apprentissage par challenge, sur la base d’une pédagogie appelée le “challenge based-learning (CBL)”. Ces « défis » sont des projets concrets et réels proposés par des entreprises, associations, organisations institutionnelles ou publiques à des groupes d’étudiants, principalement liés à des enjeux de transition.
Ainsi, cette année, un challenge, HASMO, a permis de regrouper sur une semaine de mobilité organisée mi-mars sur le campus de l’INSA Toulouse, 7 étudiants ECIU et 5 étudiants de l’INSA Toulouse. Ce challenge visait à équiper un véli (un véhicule léger à mi-chemin entre le vélo et la voiture) de plusieurs capteurs connectés, dont des capteurs de fréquence cardiaque, pour gérer des paramètres de santé d’un enfant en situation de handicap qui allait utiliser le véli dans le cadre d’un voyage familial. Les tests, menés sur différents vélis et complétés par une analyse des besoins des patients et des professionnels, visaient à alimenter une réflexion sur l’intégration de ce type de véhicule, comme levier pour lutter contre la sédentarité et favoriser la rééducation, au service de la santé physique et mentale.
Outre permettre une mobilité entrante, un projet de véli connecté avec des capteurs d’activité physique a permis à tous ces étudiants de rencontrer le porteur du challenge, un médecin du CHU et l’enfant de 4 ans en situation de handicap, avec sa famille.
… et des micro-modules dans tous les domaines
À côté de ces challenges, coexistent des micro-modules de formation, qui peuvent être suivis soit en format blended, c’est-à-dire intégrant une semaine de mobilité, soit totalement en ligne. 26 étudiants de l’INSA Toulouse ont également, durant la même période que ceux du challenge HASMO, pu vivre ici une semaine de mobilité avec 23 autres étudiants ECIU de Finlande, Lituanie et Pologne. Le micro-module qui les unissait, « CARE », était aussi consacré à des dispositifs de santé connectés et au suivi médical à distance. Les étudiants ont découvert le fonctionnement des capteurs biomédicaux et l’analyse de données de santé à travers des outils comme la réalité virtuelle et le scan 3D en expérimentant des cas d’usage concrets (ceux qui le souhaitaient pouvaient être équipés de capteurs de glycémie connectés). Ils ont ensuite été invités à réaliser des contenus de sensibilisation à un mode de vie sain.
Enfin, le micro-module « Innovation for sustainable water engineering and management » a aussi donné lieu à une expérience interculturelle et interdisciplinaire en février, entre les étudiants de l’Alliance.
Vers la création d’un parcours certifiant entrepreneuriat responsable en agrégeant micro-modules et challenges ECIU
La participation de lINSA Toulouse dans l’alliance a aussi favorisé l’émergence de projets connexes comme ce projet Erasmus+, dit JUMP (Joint University challenge-based Minor Program for future generation of innovative entrepreneurs), qui vise à agréger les opportunités d’apprentissage offertes par ses partenaires (l’Université de Trente, l’Université de Linköping, l’Université de Łódź et l’INSA Toulouse) pour constituer un parcours de formation dédié à l’innovation et à l’entrepreneuriat responsable. Ce parcours doit être composé à la fois de challenges et micro-modules hybrides, ainsi que d’un stage et d’un mémoire CBL afin de constituer à terme une mineure CBL (Challenge-Based Learning Minor) créditée de 20 ECTS. Cette agrégation leur permettra d’acquérir à la fois connaissances fondamentales, compétences entrepreneuriales, compétences interpersonnelles et culturelles nécessaires pour mener à bien des projets responsables et appréhender des problèmes concrets plus complexes vers la fin de leur cursus.
9 micro-modules et challenges proposés aux étudiants cette année
Les apports de l’ensemble de l’offre imaginée dans le cadre d’ECIU sont donc tangibles au regard de tous ces exemples. Son essor, également observé à l’échelle du Groupe, se confirme : cette année, 9 micro-modules et challenges ont été proposés à l’INSA Toulouse, et 21 au niveau du Groupe. Le nombre de participations étudiantes a quasiment quadruplé en 3 ans et demi, passant de 36 en 2022-2023 à 140 en 2024-2025, soit 307 au total.
« C’est notre communication qui commence à porter ses fruits », se réjouit Noëlle Billon. « Communication que nous avons mieux ciblée sur des enseignants qui proposaient des formations facilement transposables dans ce cadre , ou encore, en incitant, là où la maquette de formation est ouverte aux projets, à ce qu’y soient proposés des challenges et des micro-modules. » À cette dynamique s’est ajoutée une politique d’incitation à destination des enseignants, pour la création de projets comme pour l’accompagnement des étudiants, dans le cadre de l’innovation pédagogique soutenue par le C2iP.
La communication a également ciblé les étudiants, avec l’appui de quatre ambassadeurs ECIU à l’INSA Toulouse, mobilisés à différents niveaux pour promouvoir l’offre : présentations en cours d’anglais et relais sur les réseaux sociaux.
Un tout nouvel appel à collaboration entre enseignants autour de projets de recherche
En parallèle, les coordinatrices essayent de développer la collaboration des enseignants « qui souhaitent créer un réseau, afin de créer aussi de véritables opportunités en matière de recherche », souligne de son côté Ariane Abou-Chakra. Là aussi, la dynamique semble s’être mise en marche. 7 projets de l’INSA Toulouse (et 25 au niveau du Groupe INSA) ont ainsi été déposés dans le cadre d’un nouvel appel à collaborations, « Research Lab », destiné à permettre aux chercheurs de « faire du réseautage » en ligne, définir des angles de collaboration et pouvoir aller plus loin ensuite.
Avec les micro-modules et challenges, on arrive aussi à faire venir l’international chez nous, alors que c’est une mixité que les étudiants ne retrouvent pas forcément dans le cursus.
La réponse pour la prolongation du financement Erasmus plus de l’Alliance est attendue pour le début de l’été. Avec impatience. D’abord parce que, comme le souligne Ariane Abou-Chakra, « faire partie d’une alliance offre davantage d’opportunités pour répondre à des appels à projets européens et conclure de nouveaux accords , d’un point de vue pédagogique comme en recherche. » Ensuite, s’enthousiasme de son côté Noëlle Billon, parce que ce travail au sein d’ECIU permettrait « de continuer à développer l’internationalisation du cursus, sachant qu’avec les micro-modules et challenges, on arrive aussi à faire venir l’international et l’interdisciplinaire chez nous, alors que c’est une mixité que les étudiants ne retrouvent pas forcément dans le cursus mais qu’ils trouveront dans leur vie professionnelle ».
Ces challenges ECIU constituent également un levier précieux pour les partenaires extérieurs, en leur permettant à la fois de bénéficier de solutions innovantes, d’identifier de nouveaux talents — y compris à l’international — et de renforcer la visibilité de leurs activités à l’échelle internationale.
Rédaction : Camille Pons, journaliste
INSA Toulouse
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