[L’Actu – Janvier 2024]

Relever le défi de l’économie circulaire

Relever le défi de l’économie circulaire passe assurément par la recherche. Pas seulement par celle portant sur de nouveaux procédés, mais aussi par celle qui permettra de définir une bonne structuration de cette économie.

À l’INSA Toulouse, deux chercheurs engagés se posent en « provocateurs » : ils incitent les chercheurs à se pencher sur ces questions pour que celle-ci soit effective à court ou moyen terme.

« Nous sommes des provocateurs en matière de recherche pour l’économie circulaire », aime bien dire Ligia Barna. Cette professeure des universités a, avec son collègue Pascal Guiraud, chercheur à TBI (Toulouse Biotechnology Institute) comme elle, été à l’initiative d’un réseau de chercheurs, qu’ils coordonnent et qui s’est donné pour objectif d’inciter ces derniers à s’intéresser à des travaux de recherche qui permettraient de mieux développer l’économie circulaire.

Pascal Guiraud est spécialisé sur le génie des procédés et travaille sur le comportement des particules et bulles de gaz dans l’eau. Son intérêt pour l’économie circulaire s’est développé lorsqu’il a occupé le poste de président de l’Observatoire régional des déchets et de l’économie circulaire de 2009 à 2018. Et le rapprochement avec Ligia Barna, qui travaille sur l’évaluation des impacts environnementaux des procédés, s’est opéré également dans ce cadre, puisqu’ils ont tous les deux collaboré à l’élaboration du Plan régional d’action en faveur de l’économie circulaire (PRAEC). C’est en traçant les « chemins » de ce plan d’action, adopté fin 2019, qu’ils ont ciblé parmi eux la nécessité de structurer la recherche en région dans ce domaine.

Un consortium de chercheurs soutenu par le programme régional « Défis clés »

Les rencontres organisées avec les citoyens intéressés par cette question ont d’abord permis de créer un petit groupe d’une vingtaine de chercheurs rassemblés autour de l’écriture collective du plan d’action. Le groupe s’est ensuite élargi et s’est constitué en un consortium Occitan de recherche en économie circulaire, baptisé Circulades. Il rassemble 33 laboratoires et plus de 180 chercheurs autour de 4 domaines de recherche, « Organisation, économie, territoires », « Matière & énergie », « Impact, écologie, éco-conception » et « Procédés & biotech ».

Grâce à des financements obtenus dans le cadre de l’appel à projets régional « Défis clés », le consortium a déjà pu lancer trois projets de recherche interdisciplinaires : l’ASECT, projet qui vise à identifier les éléments qui déterminent une structuration de l’économie circulaire, les freins et les leviers pour sa mise en place ; BiogazOvert, centré sur l’élaboration de procédés qui permettraient de synthétiser des molécules à partir de CO2 pour remplacer les ressources fossiles pétrole et gaz ; et RECULITI, dont l’objet est le recyclage à partir de batteries Li.Ion et titane.

Des travaux qui s’inscrivent dans une réalité territoriale

Pour Ligia Barna et Pascal Guiraud, ce consortium présente un double intérêt. Son positionnement est d’abord pertinent, dans la mesure où les recherches « sont ancrées sur le territoire et liées à des opérations destinées à être mises en œuvre, donc appliquées et répondant à des attentes d’acteurs régionaux ». Par ailleurs, le groupe s’impose dans le paysage de la recherche français alors que jusque-là, observent-ils, « il n’existait pas de chercheurs rassemblés autour d’une même table pour étudier les leviers d’une économie circulaire ».

Les fonds des Défis clé ont aussi permis le recrutement d’un chef de projet, Alexandre Besson, ou encore l’organisation d’animations scientifiques, dont l’organisation du premier congrès sur l’économie circulaire en Occitanie, qui se tiendra les 26 et 27 juin à Montpellier. Celui-ci est une émanation de l’Association interdisciplinaire française pour la recherche en économie circulaire, créée récemment par ce groupe de chercheurs pour continuer de « contribuer à l’émergence de la recherche française dans ce domaine » en agrégeant aussi des chercheurs d’autres régions à leurs réflexions.

 

Rédaction : Camille Pons, journaliste

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