Christophe ROMANO
Enseigner, transmettre et se dépasser
Enseignant et ingénieur pédagogique à l’INSA Toulouse, Christophe Romano est aussi un passionné de sports d’endurance. Cette année, il a franchi une nouvelle étape dans son parcours sportif en décrochant le titre de champion d’Europe de swim bike dans sa catégorie d’âge.
Entre enseignement, entraînement et compétition, il revient sur son parcours, les ressorts de sa motivation et les liens qu’il établit entre sa pratique sportive et son métier.
Un parcours placé sous le signe de l’apprentissage
Depuis près de 25 ans, Christophe Romano évolue au sein de l’INSA Toulouse. Il y a d’abord enseigné comme chargé de cours, puis comme enseignant associé, avant de devenir ingénieur pédagogique. Aujourd’hui, il contribue notamment aux missions du C2IP (Centre d’Innovation et d’Ingénierie Pédagogiques) et participe à l’équipe d’animation de Toulouse Tech Grandes Écoles.
Son parcours professionnel n’était pourtant pas tout tracé. Après avoir enseigné les mathématiques, Christophe Romano s’est orienté vers la psychologie avec l’idée de travailler dans le domaine du sport. Il s’est finalement intéressé aux questions d’orientation et d’apprentissage.
Avec le recul, ces différentes expériences lui apparaissent comme les étapes d’un même cheminement. « Comprendre comment on apprend, comment on progresse et comment on accompagne cette progression m’intéresse depuis longtemps. » Une réflexion qui fait écho à une autre dimension importante de son parcours : le sport.
Le sport comme terrain d’apprentissage
Le sport occupe une place importante dans la vie de Christophe Romano depuis de nombreuses années. Mais au-delà de la pratique physique ou de la compétition, c’est surtout la notion de progression qui l’intéresse. Partir d’un niveau donné, travailler, expérimenter, se tromper, analyser puis recommencer : une démarche qui constitue pour lui un véritable processus d’apprentissage.
Ce qui me motive vraiment, c’est cette recherche permanente de progression : il y a toujours quelque chose à apprendre et toujours une marge pour devenir un peu meilleur.
Le résultat en compétition n’est finalement que l’aboutissement de cette démarche. Une vision du sport qui fait naturellement écho à son métier d’enseignant et d’ingénieur pédagogique.
Du triathlon au swim bike
Christophe Romano découvre le triathlon dans les années 80, alors que la discipline commence tout juste à se développer en France. L’association de plusieurs disciplines et le défi que représente leur enchaînement l’attirent immédiatement. Au fil des années, les pratiques évoluent et, avec elles, les possibilités de continuer à relever des défis sportifs. Une blessure au genou l’empêche aujourd’hui de courir autant qu’il le souhaiterait. Le swim bike, qui associe natation et cyclisme, lui permet de s’adapter tout en poursuivant la compétition à haut niveau.
Une adaptation qui illustre finalement l’un des principes auxquels il semble le plus attaché : lorsque les conditions changent, il faut savoir faire évoluer sa manière de progresser.
Champion d’Europe : l’aboutissement de plusieurs mois de travail
Cette année, Christophe Romano s’est fixé un objectif particulièrement ambitieux : participer aux championnats d’Europe de swim bike.
Après plusieurs mois de préparation et deux podiums obtenus lors de courses de préparation, il arrive en confiance, même s’il ne connaît pas précisément le niveau de ses adversaires. Il sait en revanche qu’il devra compenser un léger retard en natation. Pour lui, la course se jouera donc principalement à vélo.
Dans ce type de compétition, l’un des principaux pièges consiste à se laisser emporter par l’adrénaline et l’enjeu et à partir trop rapidement. Christophe choisit au contraire de rester concentré sur sa course et de gérer son effort jusqu’au bout. À l’arrivée, le résultat dépasse ses attentes : il termine premier de sa catégorie et décroche le titre de champion d’Europe de swim bike. « Le titre récompense une journée de compétition, mais il représente surtout plusieurs mois de travail. »

La valeur du chemin parcouru
La montée sur la première marche du podium est évidemment un moment de joie et de fierté. Mais pour Christophe Romano, l’émotion est surtout liée à tout ce qui a précédé cette journée. Les séances d’entraînement, les réveils matinaux, les jours où la motivation est moins présente, les doutes et les interrogations sur l’efficacité des efforts consentis : autant d’éléments qui donnent au titre une valeur particulière.
La médaille vient ainsi récompenser bien davantage qu’une performance réalisée en quelques heures. Elle est l’aboutissement d’un travail construit sur plusieurs mois.
Sport et pédagogie : les mêmes ressorts de progression
Cette expérience sportive nourrit également sa réflexion professionnelle. Pour Christophe Romano, les mécanismes qui permettent de progresser dans le sport présentent de nombreuses similitudes avec ceux de l’apprentissage. Dans les deux cas, la progression repose sur la régularité, la patience et la capacité à se fixer des objectifs suffisamment ambitieux pour avancer, mais suffisamment réalistes pour rester accessibles.
« En sport comme dans les apprentissages, l’erreur n’est pas nécessairement un échec. Elle permet d’identifier ce qui doit être amélioré et de construire la progression suivante. »
La répétition et le feedback jouent également un rôle essentiel. Comme un sportif travaille progressivement ses points faibles en s’appuyant sur ses points forts, un étudiant construit ses compétences au fil des exercices, des erreurs et des retours qui lui sont proposés. Une philosophie de l’apprentissage qui rejoint directement son activité d’ingénieur pédagogique à l’INSA Toulouse.
Continuer à progresser, quel que soit son âge
Son parcours sportif porte aussi un message auquel Christophe Romano est particulièrement attaché : « Il est toujours possible de progresser et de se fixer de nouveaux objectifs ». L’âge peut modifier la manière de s’entraîner, les capacités de récupération ou encore les objectifs que l’on choisit de poursuivre. Il ne constitue pas pour autant, selon lui, une raison de renoncer à l’ambition. « Il n’est jamais trop tard pour apprendre quelque chose de nouveau, se lancer un défi ou se fixer un objectif qui nous paraît un peu ambitieux. » Une conviction qui dépasse largement le cadre sportif. Pour lui, elle s’applique également à la vie professionnelle et personnelle : « Continuer à apprendre, expérimenter et se donner de nouveaux défis permet de poursuivre sa progression ».
Après le titre, déjà un nouveau défi
Le titre de champion d’Europe constitue une étape importante, mais il ne marque pas la fin de l’aventure. Pour Christophe Romano, la motivation ne peut pas reposer uniquement sur les résultats. S’il fallait simplement gagner, il serait difficile de repartir après une victoire aussi importante.
« Ce qui compte davantage, c’est la possibilité de continuer à progresser, de mesurer ses limites et de découvrir ce dont on est encore capable ».
Après chaque compétition vient donc le temps de l’analyse : comprendre ce qui a fonctionné, identifier ce qui peut être amélioré et définir un nouvel objectif. Et le prochain est déjà fixé : les championnats du monde, qui auront lieu fin septembre.
La puissance de la régularité
S’il devait transmettre une seule chose de son expérience de sportif à ses étudiants, Christophe Romano choisirait sans hésiter la régularité.
À l’heure où l’on recherche souvent la méthode idéale, le déclic ou la performance immédiate, il défend une approche beaucoup plus progressive : avancer par petites étapes, accepter de ne pas être immédiatement performant et apprendre de ses erreurs. « Les progrès les plus solides viennent généralement de petites actions répétées dans le temps : une séance d’entraînement après l’autre, un cours après l’autre, une difficulté après l’autre. » Les objectifs ambitieux deviennent ainsi plus accessibles lorsqu’ils sont découpés en étapes et que l’on se concentre sur ce que l’on peut accomplir aujourd’hui.
Une philosophie qu’il résume finalement par quelques fondamentaux, familiers du monde sportif comme de celui de l’enseignement : la répétition, la patience, la persévérance et l’effort.
Et avec une dernière pointe d’humour, Christophe Romano conclut : « Vous remarquerez que je n’ai pas parlé de motivation… »
INSA Toulouse
135 avenue de Rangueil
31077 Toulouse cedex 4
Tél : 05 61 55 95 13
Fax : 05 61 55 95 00
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










