Éloïse CERCIAT

 

Une double voie pour trouver sa place

Éloïse Cerciat est fraîchement diplômée de l’INSA Toulouse, mais aussi de Sciences Po. Elle fait partie de la 1re promotion de ce double-diplôme lancé en 2019. Indécise sur son orientation en terminale, la jeune femme dit aujourd’hui avoir trouvé sa place : dans sa formation et sa vie d’étudiante, qu’elle a « adorées », puis au sein de son 1er poste, décroché chez Airbus en prolongement de son stage et de son mémoire de fin d’études pour lesquels elle a obtenu des résultats exceptionnels.

Éloïse CERCIAT

Si l’on devait retenir une chose lorsqu’on écoute Éloïse Cerciat raconter son histoire, c’est le virage à 360 degrés opéré dans sa tête depuis son arrivée à l’INSA Toulouse. Entrée en 2019 « avec le syndrome de l’imposteur », la jeune femme aime dire aujourd’hui qu’elle en sort « grandie ». Et avec la conviction qu’elle était bien « à sa place », tout comme elle l’est aujourd’hui à son 1er poste professionnel. Ce sentiment d’être « à sa place », elle le doit à ce parcours spécifique proposé par l’INSA Toulouse, une double voie à l’issue de laquelle elle a décroché, au bout de 6 ans, un diplôme d’ingénieure de l’INSA Toulouse, mais aussi un master « Affaires internationales et stratégie d’entreprise » de Sciences Po Toulouse, double voie qui lui a donné la possibilité de ne pas avoir à choisir entre des appétences multiples.

Ce parcours, qu’elle vient d’achever avec une double note exceptionnelle de 20/20 pour son mémoire et pour son rapport de stage de fin d’études, n’était pas tout tracé.

Le choix de l’INSA Toulouse, d’abord, n’allait pas de soi. « Arrivée en terminale, je ne savais pas ce que je voulais faire car j’avais un profil scientifique, mais j’étais aussi bonne en français et en histoire : j’avais l’impression que tout pouvait s’ouvrir à moi et en même temps, rien du tout ! Car, avec Parcoursup, il fallait décider de mon avenir en quelques mois et quelques vœux et c’était difficile pour moi », confie la jeune diplômée. « Ma prof principale a pensé que l’INSA pouvait me correspondre parce que la formation est assez large et permet de toucher à différentes disciplines, génie civil, bio, informatique…, ce qui semblait intéressant pour affiner mon orientation au fur et à mesure. Aujourd’hui, je la remercie mille fois car elle ne s’est pas trompée ! »

Pour autant, cette « bonne élève », mais « pas la meilleure de sa classe », n’obtiendra pas de réponse positive de l’établissement lors de la première vague de réponses d’admission. C’est la bachelière qui fera la différence. Car Éloïse décrochera en juillet 2019 son bac S-SVT, option mathématiques, avec 19,3 de moyenne ! « J’ai super performé », s’amuse la jeune femme. « Résultat, comme je faisais partie des meilleurs bacheliers de ma région, le lendemain j’étais informée que j’étais prise à l’INSA Toulouse. J’étais super heureuse ! »

Pour moi qui ne voulais pas entrer dans un carcan, un double-diplôme constituait une opportunité.

Dernier « imprévu », enfin, qui va lui permettre de forger ce double profil spécifique d’ingénieure et de chargée d’affaires, la possibilité de postuler sur le tout nouveau double diplôme lancé à ce moment-là avec Sciences Po. « Pour moi qui ne voulais pas entrer dans un carcan, un double-diplôme constituait une opportunité, même si je n’y croyais pas trop », se souvient Éloïse, plutôt encline à douter car elle n’avait pas été acceptée du premier coup à l’INSA… Mais elle le sera aussi dans ce cursus sélectif !

Tester la diversité des matières et des stages pour mieux s’orienter

Cette ouverture, caractéristique de ce double diplôme, elle la retrouvera à l’INSA Toulouse sous diverses formes : dans la vie associative où les activités, les clubs, la façon de s’impliquer sont multiples, dans les expériences de stages qu’elle s’efforcera de diversifier, dans les matières, très variées aussi, dans les relations à l’intérieur de l’établissement, grâce au mélange de publics accueillis sur le campus, des internationaux, des sportifs de haut niveau, des musiciens, etc. Et c’est ce qu’elle appréciera particulièrement durant son parcours. 

Elle appréciera d’abord la diversité des matières abordées en première année, une diversité « déterminante parce que cela permettait de voir ce qui allait nous plaire ou pas ». Exit alors le génie civil et les sciences industrielles pour leur préférer les maths et l’informatique, se spécialiser en mathématiques appliquées et développer l’ambition d’intégrer la première vague de data scientist attendus au 21e siècle…

Je voulais la diversité dans mes stages et je suis sortie grandie à chaque fois

Elle appréciera aussi la diversité de connaissances et compétences acquises au travers de son double-diplôme, tout comme la diversité des stages. Ce qui sera moteur dans son orientation. « Je m’y suis engouffrée dès la première année, j’ai touché à tout et j’ai explosé les semaines au compteur », plaisante la jeune diplômée. « Je voulais de la diversité et je suis sortie grandie à chaque fois de ces expériences qui m’ont aidée à m’aiguiller. »

Elle a, entre autres, été stagiaire en intelligence décisionnelle et travaillé sur des outils et méthodes informatiques de collecte, de traitement et d’analyse de data d’aide à la décision. Elle a également été stagiaire actuaire, dont la tâche consiste à évaluer et modéliser des risques en finance et en gestion des produits d’assurance, puis stagiaire dans un laboratoire de recherche à l’INSA Toulouse, où elle a découvert les processus de Poisson et Hawkes, des modèles probabilistes qui permettent d’étudier un phénomène aléatoire au cours du temps. Enfin, elle a contribué à la réalisation d’un projet en électronique et systèmes embarqués, avant de réaliser un stage autour d’un projet de recherche applicative à finalité environnementale.

La vie associative : le + de l’INSA Toulouse

Elle appréciera aussi la vie associative à l’INSA, qu’elle « consommera » autant qu’elle portera, puisqu’elle s’impliquera dans la Junior entreprise, la Junior INSA Services : d’abord en tant que chargée d’affaires, pour assurer le suivi des tâches contractuelles et administratives nécessaires pour encadrer les études commandées par les professionnels, puis, durant 7 mois en 2022, en tant que vice-présidente de l’association. Une occasion de manager une équipe de 12 personnes, en plus « d’appréhender le métier d’ingénieur consultant » et « de se faire un réseau ». Elle obtiendra pour cet investissement le statut d’Étudiant Grand Associatif.

Aller à la rencontre de profils très différents, le partage,
l’entraide…, j’ai appris de tout le monde !

Ce sera un « gros coup de cœur » et « une expérience très marquante ». « La gestion de projet, résoudre les points bloquants, le lien et le suivi avec les clients » seront les éléments qu’elle aimera le plus et qui guideront ses choix par la suite : sa spécialisation à Sciences Po, puis un stage à Airbus qui alliait cette dimension gestion de projet à un cadre international, dernière dimension à laquelle elle tenait également après avoir eu la chance de côtoyer de nombreuses nationalités sur le campus. « Je n’aurais jamais eu l’occasion de rencontrer toutes ces personnes autrement ! », se réjouit-elle. « Aller à la rencontre de profils très différents, le partage, l’entraide…, j’ai appris de tout le monde ! »

 

Du syndrome de l’imposteur à une fin de formation brillante

Quant au stage de fin d’études, il aura plusieurs mérites : clôturer son parcours en faisant appel à sa double formation et la faire œuvrer pour des valeurs qui lui sont chères. « Pour moi, réaliser ce stage pour la seule formation Sciences Po n’avait pas de sens, il fallait que je termine en conjuguant mes deux apprentissages », explique la jeune femme. « Et je voulais quelque chose qui me ressemble. Étant très engagée, notamment sur la préservation de l’environnement, j’ai opté pour un projet de recherche applicative. Je devais identifier les défis climatiques propres à ce secteur et proposer une méthodologie d’évaluation combinant critères financiers et performance environnementale – donc de durabilité – pour permettre à Airbus d’arbitrer entre différents projets afin d’en financer davantage à finalité environnementale. »

L’étudiante, qui a non seulement « adoré la problématique », mais aussi « appris sur les aspects financiers et économiques qui entourent un projet, moins développés à l’INSA », choisira de poursuivre chez l’avionneur, où elle vient d’être recrutée en tant que chef de projet digital. « Je trouve à Airbus le contexte international et l’innovation que je recherche » se réjouit la jeune femme. « Mes études finissent de la meilleure des manières et ce, alors que j’avais commencé celles-ci avec le syndrome de l’imposteur ! »

 

Rédaction : Camille Pons, journaliste

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J'ai toujours été passionné par les avions. 

Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.

J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études. 

Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».

 

De la technologie au collectif

Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.

Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.

La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance. 

Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.

Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.

Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.

Diversité, ouverture et sens pratique

Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »

Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.

Comprendre le monde pour agir

Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »

Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.

Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.

À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »

Former les ingénieurs de demain

Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.

Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »

Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.

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