Imane Elmouadan
Devenir « ingénieure illusionniste »
Depuis 4 ans, Imane Elmouadan construit, à et avec l’INSA Toulouse, son projet professionnel : du choix de l’INSA qui lui ouvrait la porte d’une spécialisation en génie mécanique et des compétences solides en électronique, jusqu’à son semestre d’études à Séoul, durant lequel elle s’est immergée dans la robotique et la mécanique appliquée au monde du spectacle, en passant par diverses expériences dans le milieu du divertissement. Aujourd’hui, elle se sent prête à « faire de la magie avec la science », en se spécialisant dans la conception de machinerie scénique…
Étudiante en 3e année de Génie mécanique, Imane Elmouadan montait tout récemment les marches du Festival de Cannes. Elle avait été lauréate, avec 25 autres jeunes, du concours « Moteur ! », et été conviée dans ce cadre à venir présenter un court-métrage qu’elle avait réalisé. Si Imane ne se destine pas à la réalisation, en revanche, elle envisage d’investir le milieu du spectacle et du divertissement et cette parenthèse originale dans son parcours était alors « une excellente occasion de prendre des contacts et d’en découvrir davantage sur ce milieu », comme elle aime le souligner. La jeune femme a ainsi pu y rencontrer des réalisateurs comme Euzhan Palcy ou encore Lucien Jean-Baptiste, des journalistes, des organisateurs d’événements, des représentants de grands médias…
Quand elle est entrée à l’INSA Toulouse, en 2021 après avoir décroché son bac STI2D au lycée Jules Richard à Paris, Imane Elmaouadan avait en effet une idée très précise de ce qu’elle voulait faire plus tard en tant qu’ingénieure : travailler à la conception des animations pour Disneyland.
Si, depuis, elle a ouvert son champ en ne visant plus spécifiquement ce parc d’attractions, elle a en revanche confirmé son appétence pour la machinerie scénique et plus généralement le monde du divertissement et du spectacle… Ce qu’elle souhaite ? « Pouvoir faire de la magie avec de la science », aime-t-elle dire. « J’ai toujours aimé le spectacle et la scène en général. Plus jeune, quand je voyais des attractions, non seulement j’aimais l’effet de magie qu’elles donnaient, mais j’avais aussi envie de comprendre comment elles fonctionnaient. »
L’INSA Toulouse était son premier choix sur Parcoursup car l’établissement proposait une spécialisation en ingénierie système un peu orientée robotique, ce qui « liait la mécanique et l’électronique » et pouvait donc l’amener à son objectif initial. La mécanique a pris largement le pas depuis, car cette discipline qui lui permet d’étudier les mouvements, « comment ils se font et comment les créer », lui servira assurément pour l’activité de conception à laquelle elle se destine.
Réalisation d’un court métrage et mécanique des robes
Au-delà de cette spécialisation, tout a été également choisi pour servir ce projet final. Imane a ainsi choisi d’effectuer son stage de mobilité, au premier semestre de cette année, à l’université nationale de science et technologie de Séoul en Corée du Sud, parce que c’est « l’un des pays leaders dans la robotique et ils en raffolent ». L’étudiante a ainsi pu participer à un salon mondial de robotique, assisté à des tournages, dansé dans un clip… : une série d’expériences qui lui ont permis de vérifier que « beaucoup de choses se font avec des ingénieurs, des robes qui intègrent des mouvements, qui changent de forme durant un défilé, des salles qui s’animent, comme ce théâtre très connu, une scène qui tourne pendant que les acteurs jouent dessus face à une salle à 360° [le Lotte Center, ndlr], etc. ».
À son retour, l’étudiante a continué de multiplier les expériences. Outre réaliser son court métrage qui lui a ouvert les portes du Festival de Cannes, la future ingénieure a aussi investi le milieu de la mode, via un projet lancé avec une créatrice : elle travaille à designer des mécanismes pour deux robes qui défileront à la Fashion Week, pour permettre de déployer des ailes sur l’une et pour automatiser la réversibilité sur une autre.
Un double-diplôme avec TSM pour maîtriser également la gestion de projets
Volontaire, l’étudiante s’est lancée par ailleurs dans l’un des doubles-diplômes proposés par l’établissement avec Toulouse School of Management, parce que cela va lui permettre « d’acquérir des compétences en communication et gestion de projet international qui [lui] manquent ». Imane a aussi profité de son cursus à l’INSA pour s’investir durant 3 années dans les Enfoiros, une autre occasion, dit-elle, « de découvrir et d’expérimenter dans ce domaine » : après avoir chanté et dansé, l’étudiante est passée en « coulisses » pour s’occuper de l’événementiel. Et cette année, elle devrait également intégrer l’équipe technique, qui prépare la scène, gère le son et l’image et fait le relais avec les artistes.
J’ai toujours été attirée par l’ingénierie mais aussi par le monde du spectacle. Il me semblait donc naturel de lier les deux.
Des choix qu’elle ne regrette pas. « C’est une passion », confirme-t-elle. « J’ai toujours été attirée par l’ingénierie et les personnages de fiction qui inventent, comme Doc dans ‘‘Retour vers le futur’’, mais aussi par le monde du spectacle. D’ailleurs, plus jeune, j’ai aussi fait du théâtre et de la danse. Il me semblait donc naturel de lier les deux. »
Et l’INSA l’a soutenue dans cette trajectoire. En lui montrant qu’elle n’était pas obligée de se « cantonner à un métier ‘classique’ » – l’INSA encourageant l’atypicité des parcours, par exemple via l’aide aux musiciens ou aux sportifs de haut niveau – en plus de la baigner « au milieu de gens passionnés ». « Chacun est passionné par ce qu’il fait », confie-t-elle. « Voir tout le monde travailler pour réaliser ses rêves renforce forcément votre propre motivation. »
Rédaction : Camille Pons, journaliste
INSA Toulouse
135 avenue de Rangueil
31077 Toulouse cedex 4
Tél : 05 61 55 95 13
Fax : 05 61 55 95 00
J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










