Lætitia Guillard

 

Au-delà des livres

Avec elle s’applique le fameux dicton « les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés ». C’est ce qu’elle aime répondre, en tout cas, à ceux qui croient encore que son métier consiste à lire, classer et mettre en valeur de la documentation toute la journée. À la tête de la bibliothèque depuis 2013, Lætitia Guillard consacre son temps à construire et animer de nouveaux services pour les étudiants, mais aussi à accompagner l’établissement dans la mise en œuvre de projets stratégiques.

Lætitia Guillard

Son parcours a été à l’image de cette diversité de missions. Et, caractéristique forte, Lætitia Guillard a déroulé son parcours à tous les niveaux de l’échelle. Aujourd’hui à la tête du service commun de documentation (SCD), avec le statut d’ingénieur de recherche, elle se dit « très fière » d’avoir « démarré en tant que magasinier, de découvrir d’abord comment on s’occupait des livres, les protégeait, etc., et se gérait l’accueil des étudiants ».

Ce premier poste, elle l’a décroché en 1997, à l’université Toulouse Jean Jaurès, après 5 ans d’études. 5 ans qu’elle avait partagés entre Orléans, où elle avait passé son bac et où elle était inscrite en histoire, puis Toulouse, qu’elle avait ralliée pour y faire sa maîtrise. Elle se découvrira ici un autre centre d’intérêt, le livre, qui l’amènera à se réorienter en licence d’ingénierie documentaire, qu’elle validera en 2 ans grâce à une équivalence.

Mue au départ par le désir de se lancer dans le monde du travail, Lætitia Guillard ne laisse pas pour autant de côté ses ambitions d’évoluer.

Reçue en 2000 au concours de la filière bibliothèque d’État, elle est mutée à l’université de Nanterre, à Paris, dans une section de droit. Expérience dont elle apprendra beaucoup, « parce que c’était une grande université, avec beaucoup de développements, une grosse équipe – 100 personnes environ rattachées au fonctionnement du SCD – » et parce que cela lui a donné l’occasion « d’apprendre une autre partie du métier ».

 

L’arrivée en 2001 au SCD de l’INSA Toulouse, où tout est à construire

Enceinte de son premier enfant, elle obtient en 2001 un poste à l’INSA Toulouse pour rejoindre son mari dans la Ville Rose. Alors qu’elle ne connaissait pas cette école d’ingénieurs et qu’elle avait été modelée par des études en sciences humaines et sociales, cette mutation se révélera être, au final, un beau cadeau. D’abord parce que « cette bibliothèque – dite Bib’INSA – ne fonctionnait que depuis 5 ans et qu’il y avait donc tout à construire », se souvient la responsable, d’ailleurs sollicitée dès le départ pour construire une bibliothèque numérique. « Un défi », s’amuse la bibliothécaire, « alors que j’avais plutôt une expérience dans le catalogage. Mais j’ai dit ‘allons-y !’ ». Ce sera l’un des grands projets qu’elle aura mené à maturité ici.

30 ans de la bibliothèque

L’équipe de la bibliothèque, à l’occasion de ses 30 ans

Du « syndrome de l’imposteur » à la direction officielle de la bibliothèque

Le poste de directrice de bibliothèque, elle va s’y essayer une première fois en 2006 en assurant un intérim, malgré quelques « inhibitions et le syndrome de l’imposteur ». Mais sans transformer l’essai du fait d’un congé maternité et parental. Elle occupera officiellement le poste de directrice en novembre 2013, après avoir été reçue au concours d’ingénieur d’études cette même année. « J’avais fait mes armes et je me sentais prête à en prendre la direction, même si cela n’allait pas être facile de passer de collègue à responsable », confie la bibliothécaire. Mais elle relèvera très bien ce défi auprès des 10 personnels (auxquels s’ajoutent 11 étudiants vacataires) qui composent son équipe, grâce à une approche du management construite au regard de ses expériences passées. 

Une approche « où tout le monde est important », souligne celle qui a avait été confrontée au départ à « un métier très hiérarchisé, où une personne ne fait pas une tâche qui est dévolue à un autre ». La philosophie qui la guide est aux antipodes de cela. « Je souhaite donner du sens au travail et j’ai à cœur de coconstruire chaque chose, de partager pour mieux collaborer et de déléguer car moi-même j’aime l’autonomie ! J’accompagne aussi mes collaborateurs dans leur développement personnel, car une carrière, c’est long : c’est donc important de les aider dans la construction de celle-ci. Tout comme j’encourage l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. »

On m’a donné une grande liberté pour mener des projets.

 

Côté cours et côté perso à livre ouvert

Car elle attache elle-même une grande importance à sa vie personnelle. « Mes 4 enfants ont un peu séquencé mon parcours et apporté des respirations dans ma carrière, ce qui me redonnait la motivation pour me réinvestir ensuite dans de nouveaux projets », confie-t-elle. « Et ce d’autant que j’ai eu la chance de ne jamais être mise au placard par la direction qui m’a toujours donné l’opportunité de progresser et sollicitée sur des projets structurants ». Cette vie personnelle nourrira même sa vie professionnelle. C’est en observant par exemple l’impact de la crise sanitaire sur ses propres ados qu’elle a imaginé la semaine du bien-être, devenue pérenne à l’INSA (lire l’article). Et c’est aussi parce qu’elle applique des pratiques responsables qu’elle implique autant la bibliothèque dans le festival Futurs Proches.

Aujourd’hui, quatre projets en particulier, réalisés avec « toute l’équipe », font la fierté de la directrice. Celui de la bibliothèque numérique, arrivé « à maturité » au milieu des années 2010, « un beau projet » qui se traduit par plus de 250 000 téléchargements de ressources chaque année. Autre projet qui fait sa fierté, la constitution d’un pôle de formation en compétences informationnelles, démarré en 2008. « Un vrai challenge », se souvient la responsable, puisqu’il « a fallu convaincre d’intégrer cette formation dans les maquettes du cursus », ce qui est chose faite en 1re et 4e années. Ce pôle, animé par 8 bibliothécaires-formateurs, dispense plus de 160 heures de formation chaque année aux étudiants. Et en plus, se réjouit Lætitia Guillard, il a permis « de faire tomber le mythe du bibliothécaire qui passe ses journées à lire ! »

Même satisfaction concernant toutes les actions qui ont pu être développées autour de la culture (participation à la Fête de la Science, rencontre d’auteur dans le cadre du festival « Toulouse Polars du Sud », ateliers d’écriture, clubs de lectures, conversations anglais/français…), et concernant la communication développée pour rendre visibles les services de la bibliothèque.

Et maintenant, déplacer les murs ?

Enfin, dernière création « remarquable », la mise en place d’un service d’appui à la recherche, concrétisée en 2016. Dans le cadre de la politique Science ouverte, ce service apporte un soutien fonctionnel pour rendre davantage accessible au public la production scientifique de l’INSA avec la mise en place du portail HAL. Il accompagne aussi les chercheurs dans l’ouverture des données pour les appels à projets. 

La construction de la nouvelle bibliothèque, pour laquelle la réflexion a été lancée en 2019 et le concours d’architecte récemment ouvert, est le prochain gros projet qui devrait se concrétiser, là où se tenait l’ancienne halle du département Génie mécanique. Elle devrait offrir des espaces plus adaptés aux attentes des étudiants et sera équipée d’un système de contrôle qui permettra l’accès aux zones de travail, même quand les espaces dédiés aux ressources seront fermés. 

Au-delà de ces projets concernant directement le SCD, Lætitia Guillard se réjouit aussi d’avoir été sollicitée sur des projets stratégiques de l’établissement, dont la démarche de prospective qui visait à dessiner les contours d’un avenir possible à horizon 2040. « Je n’ai jamais eu de raisons de partir car ici j’étais bien ! », résume la directrice. « On m’a donné une grande liberté pour mener des projets. J’avais envie d’innover, de proposer et on m’a laissé beaucoup d’autonomie, ce que je n’aurais pas nécessairement trouvé dans d’autres grandes structures. J’en avais besoin, car j’aime apprendre. Et évoluer dans un environnement très stimulant intellectuellement m’a permis de m’épanouir. Tout comme d’avoir trouvé un vrai esprit d’équipe et un vrai engagement pour le service public. » Ce qui explique qu’elle emmène toute son équipe vers l’obtention du label « Services Publics + », qui pourrait récompenser la qualité de l’accueil au SCD. Une démarche qui pourrait aussi servir d’exemple à tout le campus…

Rédaction : Camille Pons, journaliste

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