[L’Actu – Avril 2026]
Prendre le temps de prendre soin de soi
200, c’est le nombre moyen d’étudiants qui ont participé à la semaine bien-être organisée sur le campus du 16 au 20 mars. Ils ont confirmé leur attrait, sur ce 2e rendez-vous de l’année, pour des activités visant à leur permettre de se détendre, de se recentrer sur soi et d’acquérir des compétences psychosociales qui leur permettront de se réaliser tout au long de leur vie. Via ce rendez-vous bi-annuel, l’INSA Toulouse remplit un des grands objectifs qu’il s’est fixé : accompagner ses étudiants jusqu’à la réussite, qu’elle soit scolaire ou personnelle.
« Ici, on s’occupe de la réussite au sens large », aime dire Laure Benoît, la conseillère en intervention psychosociale qui pilote depuis cette année, avec Véronique Torregrossa, la directrice du service vie étudiante et universitaire (SVEU), cette opération. « Nous consacrons notre énergie à accueillir, accompagner, orienter, avec une offre collective pour toucher le plus grand nombre d’étudiants, afin de faire en sorte que l’expérience étudiante soit réussie sur le plan scolaire ET sur le plan personnel. » La semaine bien-être, qui vient de se dérouler à la « veille » des examens de fin d’année, constitue un des outils pour ce faire.
Celle-ci avait été imaginée en 2023 par la responsable de la bibliothèque, Lætitia Guillard (lire son portrait), après la crise sanitaire et la prise de conscience au niveau national que la santé mentale des étudiants s’était profondément dégradée. L’opération avait été dédoublée dès l’année suivante en deux rendez-vous annuels, à l’automne et au printemps, « volontairement sur des périodes un peu difficiles et anxiogènes, avant les examens », avant d’être inscrite parmi les actions du schéma directeur de la vie étudiante pouvant servir la réussite, le bien-être et l’épanouissement des élèves (lire « L’amélioration de la vie étudiante, pensée par et pour les étudiants »).
Des ateliers proposés et animés par des Insaïens
Durant cette semaine spécifique, on s’attache à prendre en compte plusieurs dimensions, corporelle (ateliers de sport, yoga, sophrologie Slackline, relaxation de Jacobson, auto-massage…), émotionnelle et psychique (expériences sensitives, gestion des émotions, sophrologie, bains sonores, argile, aquarelle, sieste musicale…) et intellectuelle (flash coaching, conférences sur l’alimentation qui peut booster mon cerveau…), afin de permettre aux jeunes d’acquérir les fameuses compétences psychosociales définies par l’OMS qui permettent de maintenir un état de bien-être psychique.
Originalité de la démarche, ce sont principalement des personnes appartenant à l’INSA Toulouse qui proposent et animent les ateliers – une soixantaine sur l’année -. Surtout, le rendez-vous est « pensé avec la communauté », souligne la directrice du SVEU. Au « sondage » en amont des étudiants de l’Amicale des Élèves, des élus étudiants, mais aussi des équipes pédagogiques qui font remonter les besoins de leurs élèves, s’ajoutent des questionnaires pour évaluer les ateliers et le travail de deux étudiants ambassadeurs qui font, non seulement la promotion de l’événement auprès de leurs pairs, mais récupèrent auss les feedback de ces derniers, voire font des propositions d’ateliers.
Succès des témoignages d’« anciens » ayant été confrontés à des difficultés
Ce qui donne lieu à la naissance de nouveaux ateliers à chaque nouvelle programmation. Exemple de nouveauté s’adressant aux 1res années qui a trouvé son public lors de cette édition : une table ronde avec des témoignages d’« anciens » venus partager des difficultés rencontrées au démarrage de leur parcours, et les pistes qu’ils avaient suivies pour trouver un équilibre entre vie scolaire et vie personnelle, gérer l’éloignement de chez eux, se familiariser avec de nouvelles méthodes de travail… L’infirmière de l’école animait de son côté pour la première fois une formation aux premiers secours en santé mentale (comment repérer le mal-être, des tendances suicidaires et orienter).
Adresser ce message aux étudiants :
‘j’ai le droit de prendre du temps pour prendre soin de moi’.
De la même manière que se créent des nouveaux ateliers, Laure Benoît et Véronique Torregrossa tentent d’identifier des ateliers pertinents à reconduire. Outre l’atelier dédié à la médiation animale, déjà reconduit parce qu’il est toujours autant plébiscité par les étudiants, les deux femmes s’intéressent aux effets qu’elles ont pu observer, par exemple, sur les ateliers céramique et aquarelle. Car ce sont « des moments de convivialité qui agissent sur le bien-être et constituent donc de bons leviers pour agir sur la performance et aider à se remettre en sécurité émotionnelle et psychique », note Laure Benoît. Les coordinatrices souhaitent également proposer des ateliers qui permettraient de travailler en même temps d’autres problématiques : un atelier cuisine, par exemple, peut servir autant de moment de convivialité que d’outil de lutte contre la précarité alimentaire. De même, les petits déjeuners proposés lors de ces opérations ont pu constituer « des occasions de promouvoir l’événement – cela a boosté les inscriptions -, et des moments de prévention et de promotion de la santé, alors que beaucoup d’étudiants sautent ce premier repas de la journée », constate Véronique Torregrossa.
Au final, une philosophie simple guide leur projet : « pouvoir prévenir ou limiter l’impact sur les étudiants d’une santé mentale qui commencerait à se dégrader », résume Laure Benoît. « Bref, offrir un filet de sécurité et adresser ce message aux étudiants : ‘j’ai le droit de prendre du temps pour prendre soin de moi’. »
Rédaction : Camille Pons, journaliste
INSA Toulouse
135 avenue de Rangueil
31077 Toulouse cedex 4
Tél : 05 61 55 95 13
Fax : 05 61 55 95 00
J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










