Marwan NOUA
Explorer et oser pour mieux se construire
Après un bref détour en prépa, Marwan Noua marquera une rupture dans sa première orientation, puis dans celle qui suivra à l’université avant de rejoindre l’INSA Toulouse. Car de ce petit chemin de traverse ressortira une décision importante : il se construira, certes avec les sciences formelles pour assouvir sa passion des maths, mais aussi avec les sciences sociales. L’INSA lui donne cette opportunité dès 2022, au travers du double-diplôme monté avec Sciences Po, mais aussi des nombreuses possibilités d’engagements qui l’amèneront à être élu au CA et à la présidence de l’Amicale des Élèves.
Si Marwan excellait dès le lycée en mathématiques, il était aussi porté vers les sciences sociales, ce dont il n’avait pas forcément conscience au sortir du lycée. Il opte d’abord pour la voie « classique » du bon élève en maths, sous l’influence de ses enseignants : la prépa aux concours d’écoles d’ingénieurs. Immergé dès septembre 2021 dans une grande prépa à Paris, au lycée Saint-Louis, l’étudiant originaire de Moissac va s’y sentir pourtant très vite « déconnecté ». Trop éloigné du milieu dans lequel il avait grandi, trop éloigné de ce qu’il « recherchait »… « Cela ne m’a pas du tout plu », déclare sans détour le jeune homme. « Je me retrouvais dans un milieu très bourgeois, très élitiste et porté exclusivement sur les cours et même si scolairement je m’en sortais très bien, les sciences sociales, les activités extra-scolaires – comme le piano que j’avais pratiqué durant 15 ans -, une vie étudiante en parallèle pour assouvir par exemple ma passion de la politique, comme lorsque j’étais élu dans mon CVL [Conseil des délégués pour la vie lycéenne, ndlr], me manquaient ! »
Marwan interrompt donc son cursus dès janvier pour rallier l’université de Toulouse (ex université Paul Sabatier) et intégrer le second semestre de L1 maths physique. Là, il « passe du tout au tout : la liberté totale, très peu d’encadrement, des jeunes pas nécessairement présents et impliqués… Mais, avec un point positif, davantage de chercheurs donc une approche qui permet des ouvertures des enseignants sur les thématiques de recherche qu’ils explorent. » Un « point positif » car cette ouverture donne du sens aux apprentissages, contrairement à ses cours de prépa qui ne lui donnaient à voir « qu’un horizon peu attrayant », celui du concours, et qu’il n’arrivait pas « à conceptualiser un avenir en école d’ingénieur, parce [qu’il avait] grandi avec une mère greffière au tribunal et un père enseignant en maths ».
L’équipe de l’Amicale, baptisée l’Amical’abordage durant son mandat
Le choix de l’INSA, où un diplôme peut en cacher un autre
Cet intermède l’amène néanmoins à se « poser beaucoup de questions ». En comparant prépa et université, il met alors le doigt sur ce qui lui manque vraiment : assouvir, en plus de sa passion par les maths, celles de la politique et de la philosophie découverte en terminale, parce que celle-ci « peut se rapprocher des maths dans le raisonnement et parce qu’elle pose des questions sur la manière dont on doit vivre, dont on peut améliorer la vie des gens… ». Conclusion, il lui faut « une formation qui allie sciences fondamentales et sciences sociales ». Et parmi tous ses choix de double-diplômes faits sur Parcoursup (et pour lesquels ils sera retenu), c’est celui de l’INSA Toulouse-Sciences Po Toulouse qu’il préférera. En particulier parce que l’établissement lui ouvrait toutes les spécialités de l’INSA et de Sciences Po, donc ne l’« enfermai[t] pas dans une voie ».
Il choisira en fin de première année la pré-spécialisation Modélisation, Informatique et Communication (MIC), puis en fin de troisième année, les mathématiques appliquées, convaincu que « le travail sur l’analyse des données et l’usage de l’IA s’applique à tous les secteurs, et ouvre donc de larges portes ». Et, côté Sciences Po, il optera pour le master Affaires internationales et Stratégie d’entreprise, avec l’ambition de réaliser peut-être une partie de sa carrière à l’international, après une première belle expérience d’échange réalisée au dernier semestre à la City University de Hong Kong.
Pouvoir être au cœur des décisions sur des sujets qui ont un impact
sur la vie étudiante.
Du siège d’élu à la présidence de l’Amicale des élèves, un engagement soutenu
L’INSA va lui offrir une autre très belle opportunité : celle de renouer avec l’engagement et sa passion de la politique qui l’habitait depuis le lycée, inspirée aussi par le modèle de sa mère, anciennement élue au conseil municipal de sa commune. Cet engagement se concrétise dès la première année : il est élu au Conseil d’administration de l’établissement (CA), où il siège maintenant depuis 4 ans. Une fonction qui s’inscrit en continuité d’expériences vécues dans son lycée à Moissac, où il avait été élu au CVL et fini en tant que vice-président, puis à Saint-Louis, en prépa, où il avait été élu également au CA. Pourquoi ce choix de représentation ? « Pour pouvoir être au cœur des décisions qui ont de l’impact sur la vie étudiante, comme le budget, le politique RH, etc. », répond l’étudiant. « Je veux être un maillon utile dans la chaîne et être en même temps un relai d’information car les étudiants ne sont pas forcément au fait des décisions. » Marwan a ainsi été partie prenante avec l’ensemble des élus étudiants de très nombreux projets, notamment la réforme des maquettes de formations de 1re et 2e années.
En parallèle, il rallie aussi le Pôle Huma qui coordonne des projets de solidarité, y compris à l’international, dont, depuis 2018, le MASE, Mouvement d’Actions Sociales Étudiantes qui gère les actions menées dans la Ville Rose, comme les maraudes auprès des sans-abris. Cette expérience, qu’il vivra en tant que co-président de septembre 2023 à septembre 2024, lui plaira particulièrement. Car, au-delà d’y avoir appris à monter un projet de A à Z, celle-ci était « cohérente avec [s]es valeurs ».
J’ai vu que l’associatif pouvait avoir aussi de l’impact, dans les décisions mais aussi pour unir les communautés.
L’Amicale des élèves sera aussi une suite logique à partir de février 2025, car c’est là que « peuvent s’acter des décisions ou être menées des initiatives impactant la vie sur le campus ». Ce sera aussi un plaisir de plus, puisque cet engagement associatif le confrontera à « une dimension très humaine ». « Il s’agissait surtout de gérer des relations et des problématiques humaines, donc de savoir mobiliser écoute et empathie. J’ai pu me confronter à beaucoup de points de vue dont j’ai pu me nourrir. Et cette diversité de visions m’a amené à soigner ma communication », résume l’étudiant. L’expérience aura aussi un impact sur son orientation et le choix du master Sciences Po Affaires internationales et Stratégie d’entreprise plutôt que le master Carrières administratives. « Avant, je pensais que la meilleure forme d’engagement était politique, qu’elle avait plus d’impact et qu’elle était au cœur de l’organisation. Mais j’ai vu que l’associatif pouvait avoir aussi de l’impact, dans les décisions mais aussi pour unir les communautés. J’ai élargi mon champ de pensée ! »
L’INSA, « le lieu idéal pour explorer, se nourrir de la diversité des profils et oser ! »
Marwan a cédé le flambeau de la présidence en février dernier. Il aime retenir de ce passage ses contributions à l’amélioration du fonctionnement en interne (réécriture des statuts de l’association, instauration d’une obligation de cotisation pour participer aux événements…). Il évoque aussi les décisions difficiles mais nécessaires qu’il a dû prendre avec l’équipe pour assurer la bonne santé de tous les clubs chapeautés par l’association, ou encore pour assurer un bien-vivre ensemble sur le campus.
Aujourd’hui, le jeune homme qui termine sa 4e année s’apprête à réaliser son stage de fin d’études chez SNCF Réseau pour y faire de la modélisation de trafic de train. S’il n’est pas encore décidé sur ses projets futurs, il se plaît à dire que « beaucoup d’opportunités s’offrent à [lui] ». Grâce à l’INSA, « un lieu où tout est possible, un lieu où toutes les formes d’engagement sont possibles, un lieu qui m’a donné une véritable ouverture d’esprit. L’INSA nous ouvre vraiment sur le monde ! C’est le lieu idéal pour explorer, se nourrir de la diversité des profils et oser ! »
INSA Toulouse
135 avenue de Rangueil
31077 Toulouse cedex 4
Tél : 05 61 55 95 13
Fax : 05 61 55 95 00
J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










