[L’Actu – Juillet 2026]
OPENLABS, construire des ponts pour booster la recherche
Imaginé en 2023 par la commission Recherche du Groupe INSA, le dispositif OpenLabs INSA a une vocation : créer des ponts. Des ponts entre chercheurs des différents INSA, mais aussi entre les laboratoires et les étudiants pour donner envie à ces derniers de poursuivre dans la recherche et l’innovation. Ce dispositif permet de soutenir chaque année des projets de recherche portés par deux chercheurs a minima, issus de deux INSA différents et qui vont encadrer un ou deux stagiaires de niveau master 2 ou en projet de fin d’études ingénieur. La première analyse d’impact réalisée par le Groupe INSA montre, 3 ans après leur mise en œuvre, que ces OpenLabs INSA répondent aux intentions qui avaient préfiguré leur création.
Il s’agissait d’abord de créer des liens entre laboratoires qui, finalement, se connaissaient peu. De fait, les rapprochements se sont bien créés, puisque les projets ainsi financés par le Groupe INSA se chiffrent aujourd’hui à 42 sur 3 éditions (la 4e est en cours), et ces projets ont mobilisé l’ensemble des 7 INSA, même si les implications sont diverses. L’INSA Toulouse est bien représenté, avec 12 projets portés depuis la création de cette initiative.
Des collaborations qui se prolongent, y compris à l’international
En mettant en place cette initiative, le Groupe INSA avait évidemment de plus grandes ambitions : au-delà de contribuer à ces rapprochements, il s’agissait en effet de constituer un véritable levier de collaboration scientifique. Et le dispositif semble, là aussi, remplir sa mission, puisque près de la moitié des projets ont donné lieu à des communications dans des conférences ou à des publications. En outre, se sont créés des projets durables, l’analyse sur 2023-2024 et 2024-2025 montre que plus de la moitié des projets ont donné lieu à des collaborations françaises prolongées via le dépôt de dossiers dans le cadre d’appels à projets nationaux, de l’ANR (Agence nationale de la recherche) entre autres. Et ces projets ont même permis, parfois, de donner naissance à des collaborations internationales. L’INSA Toulouse est de ceux qui ont pu explorer cette dimension, au travers d’un projet qui a été porté avec l’INSA Lyon, INRIA Rennes et l’université technique de Munich. L’INSA Lyon s’est aussi illustré par son dynamisme sur ce plan, puisque son projet autour de la caractérisation des aciers, par des méthodes de réverbération acoustique se poursuit aujourd’hui avec l’université de Tohoku, au Japon, au sein du laboratoire international commun INSA – Tohoku, ElyTMax.
Du côté des stagiaires, des expériences qui suscitent l’intérêt pour l’innovation et la recherche
Enfin, les OpenLabs INSA remplissent aussi la 2e grande fonction qui leur a été assignée : valoriser les parcours scientifiques auprès des stagiaires. En 3 ans, ce sont 53 stages de recherche qui ont été proposés aux étudiants. Parmi eux, une douzaine de poursuites en thèse étaient déjà recensées à l’issue des deux premières éditions des OpenLabs INSA.
Les étudiants « embarqués » dans ces stages le disent aussi. Lors du séminaire toulousain, Rania Moulessouiga, qui avait été stagiaire sur le projet Nanoclean (élaboration d’un biocomposite pour la dégradation des microplastiques par photocatalyse) confirmait que « cette expérience a[vait] renforcé [s]on intérêt pour la recherche et l’innovation » et disait d’ores et déjà envisager une poursuite en thèse dans le cadre d’une convention CIFRE. Un précédent stagiaire de la saison 2, Lucas Maret, qui avait rejoint un laboratoire de l’INSA Hauts-de-France alors qu’il était en master 2 à l’université de Lille, poursuit aujourd’hui en tant que doctorant au sein du LAMIH – UMR 8201. C’est le stage, « très applicatif », dit-il, qui l’a décidé à poursuivre en thèse : il avait en effet pu mener des campagnes d’essai dédiées à l’analyse de la pollution générée par la combustion de bois dans les chaudières à pellets. Et, cerise sur le gâteau, cette expérience de recherche avait donné lieu à une publication.
Rédaction : Camille Pons
INSA Toulouse
135 avenue de Rangueil
31077 Toulouse cedex 4
Tél : 05 61 55 95 13
Fax : 05 61 55 95 00
J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










