[L’Actu – Juillet 2026]
Charte d’engagement LGBTQIA+, un pas de plus vers l’inclusion
L’engagement en faveur de l’inclusion n’est pas nouveau à l’INSA Toulouse. Mais l’établissement a franchi une nouvelle étape : à l’occasion de sa Journée des fiertés, le 21 mai 2026, il signait, dans le sillon de l’INSA Lyon, la charte d’engagement LGBTQIA+ de l’association l’Autre Cercle, une référence nationale sur ces enjeux dans le monde professionnel.
Morgane Flahault, référente égalité de genre à l’INSA Toulouse, est la cheville ouvrière de ce nouvel engagement. Cette enseignante en anglais s’était portée candidate à ce poste de référent en 2021, justement parce qu’elle était intéressée par les questions des discriminations et d’identité de genre, qu’elle avait pu explorer au travers de son doctorat réalisé en littérature comparée et civilisation américaine. Sa mission à l’INSA ciblait d’abord la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS). Ce premier travail avait abouti à la mise en place d’une cellule d’écoute et d’une plateforme de signalement. Sa mission a ensuite été étendue, afin de renforcer l’égalité professionnelle : d’abord avec un travail mené avec les RH pour faciliter le retour à l’emploi après les congés maternité et le développement professionnel des employées féminines.
Le besoin d’élargir sa mission de l’égalité F/H au genre a été motivé par deux choses. « En tant qu’enseignante, j’avais pu observer les difficultés que pouvaient rencontrer les élèves transgenres et non binaires », explique la référente. « Même si une directive du ministère de l’enseignement supérieur enjoignait à faciliter l’utilisation du prénom d’usage [courrier du 17 avril 2019 adressé à l’ensemble des présidences d’universités et directions d’établissements, ndlr], l’ensemble des process ne permettaient pas une répercussion automatique de ces demandes dans tous les systèmes : liste d’élèves, cartes étudiantes, plateforme des stages, etc. » Autre élément moteur, Morgane Flahault pouvait s’appuyer sur le club Ex æquo, une association étudiante engagée dans la lutte contre les discriminations et les luttes queers, un groupe de travail sur les discriminations, violences et harcèlement, mis en place dans le cadre de l’élaboration du Schéma directeur de la vie étudiante, et sur Gabriel Brassart, le chargé de mission Diversités et Ouverture sociale du Groupe INSA, qui était venu accompagner l’INSA Toulouse sur le démarrage du projet Horizon INSA.
Ici on ne tolère pas les discriminations.
Ensemble, ils ont pu mener à bien plusieurs actions en vue d’« améliorer la vie des LGBTQIA+ ». Ce fut d’abord l’instauration annuelle de la Journée des fiertés à partir de mai 2023, assortie en 2024 d’une exposition de portraits, des recueils de témoignages. « Donner de la visibilité aux personnes qui appartiennent à une communauté est recommandé dans les démarches d’inclusion », explique la référente. « Pour la personne qui parle d’elle, cela a un effet libérateur. Pour ceux qui lisent, pour les uns, c’est pouvoir se reconnaître et se dire ‘je ne suis pas seul et j’appartiens à une communauté’ et pour les autres, ceux qui ne se reconnaissent pas, pouvoir mieux comprendre et donc mieux respecter ces personnes sur lesquelles ils peuvent avoir des a priori. » Leur collaboration s’est aussi traduite par l’organisation annuelle, en novembre, d’une semaine dédiée à la lutte contre les violences liées au genre, avec une « Veillée du souvenir trans » calquée sur le modèle de la Journée du souvenir trans, qui commémore les victimes d’actes transphobes.
Facilitation des démarches pour l’utilisation du prénom d’usage et infrastructures adaptées
Deux groupes de travail sont venus compléter ces initiatives en 2024 et la ratification de la charte de l’Autre Cercle - qui existe depuis 2012 et a été ouverte à l’enseignement dans les années 2020 - constitue une étape supplémentaire, car cette signature s’accompagne d’un plan qui prévoit de nouvelles actions :
- la facilitation des démarches pour l’utilisation du prénom d’usage, grâce à une personne ressource qui s’assurera que toutes les parties prenantes ont bien été informées et que toutes les données sont bien coordonnées dans les différents systèmes ;
- le développement des formations et actions de sensibilisation contre les discriminations (formations en ligne, renvoi vers des webinaires de l’Autre Cercle…) ;
- le développement d’infrastructures adaptées (sanitaires non genrés, espace non genré pour se changer et se doucher au gymnase…) ;
- la structuration d’un réseau d’Allié.es LGBTQIA+, c’est-à-dire de personnes ressources, formées à l’accueil et à l’orientation de ces personnes ;
- la création d’un guide de ressources LGBTQIA+ pour personnels et étudiants pour présenter les démarches (utilisation du prénom d’usage, informations sur la plateforme de signalement, noms et coordonnées des personnes ressources…), signaler l’emplacement des infrastructures adaptées et informer sur les événements dédiés. Ce guide sera mis en ligne sur les sites web du CGB et des RH et disponible en version papier à des endroits « stratégiques » comme l’infirmerie, l’Amicale des élèves et le service des RH.
Tout cela viendra s’ajouter aux ateliers de sensibilisation inscrits dans la maquette de formation des primo-entrants à l’INSA, conçus « pour donner le ton dès le début de l’année et signifier qu’ici on ne tolère pas les discriminations et que des sanctions peuvent être prises ».
Fin 2025, plus de 350 organisations avaient signé la charte de l’Autre Cercle. Dans l’enseignement supérieur, les signataires restent peu nombreux. À Toulouse, l’INSA est seulement le 2e établissement à l’avoir signée, après l’Université de Toulouse.
Rédaction : Camille Pons
INSA Toulouse
135 avenue de Rangueil
31077 Toulouse cedex 4
Tél : 05 61 55 95 13
Fax : 05 61 55 95 00
J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










