Romain AYMARD

le grand jeu

6 juillet 2023

Il est issu de la promo 2011, celle de « Bob l’éponge », dont il a gardé la blouse, comme il aime le souligner. Diplômé Informatique et réseaux en 2011, Romain Aymard se lance dans la création de jeux vidéos, sa passion depuis toujours, avant de se prendre au jeu aussi de la création d’entreprise quelques années plus tard. Cette belle trajectoire, dit-il, il la doit aussi à l’INSA Toulouse où il a eu « la révélation ».

Romain Aymard

Non, Romain Aymard n’est pas « petit joueur » : le gaming, c’est sa passion depuis toujours, ça a guidé sa trajectoire à l’INSA Toulouse et c’est son « fonds de commerce » aujourd’hui. Pas « petit joueur » non plus car il n’a pas hésité à créer ses propres entreprises, deux aujourd’hui, dont un studio de jeu vidéo justement. Cette réussite, il la doit autant à son tempérament qu’à la formation suivie à l’INSA Toulouse, dont les apports se font encore sentir aujourd’hui dans son travail.

Une formation en phase avec ce qu’il cherchait

Il profite du délai de rétractation pour abandonner ce cursus et, grâce à sa petite amie de l’époque dont le père était issu de l’INSA et lui a vanté cette « super école », il découvre une formation « plus en phase avec ce qu[‘il] cherchai[t] ». Il suit donc une année à l’université Bordeaux Montaigne avant de rentrer à l’INSA Toulouse en 2e année.

« Certes, j’étais un petit peu le ‘renégat’, j’avais un an de retard, la nano-physique était un petit peu du chinois pour moi, mais j’ai su immédiatement que j’allais être à ma place », se souvient le jeune homme. « Ce n’était pas du tout le même public que celui d’une école privée : on se retrouvait dans les mêmes valeurs, le même goût du travail. Et même si j’ai compris qu’il allait falloir travailler pour réussir, le challenge était assez grisant ! »

 

Quel avenir professionnel ? La « révélation » du jeu vidéo à l’INSA…

C’est ici qu’il trouvera « la révélation », dit-il : celui du monde du jeu vidéo grâce à une présentation des métiers du domaine donnée par un professionnel d’Ubisoft. « Les jeux vidéo, ça a toujours été mon truc, j’adorais coder depuis l’âge de 12 ans. Découvrir que ces métiers associaient de l’ingénierie et de la créativité, m’a beaucoup plu ! », explique-t-il. Et c’est aussi à l’INSA qu’il découvrira la psychologie sociale, une discipline « géniale », dit-il, sur laquelle s’appuie également beaucoup le game design.

Les choix des stages et du semestre à l’étranger s’inscriront dans cette trajectoire qu’il s’est alors fixée. En 3e année, il partira dans le cadre du programme Erasmus + en Suède, à l’université de Linköping qui proposait notamment un module autour du game design. En 4e année, il fera son stage chez YouRiding, une société spécialisée dans le jeu vidéo de surf et de bodyboard, stage qu’il réitérera en 5e année, aux États-Unis, pour y travailler sur une nouvelle version du jeu Intellysurf et qui lui vaudra d’y être recruté dès sa sortie de l’INSA avec un autre diplômé.

 

L’aventure de l’entrepreneuriat

Suivront ensuite une expérience free lance en tant que game designer, puis un poste chez Ubisoft à Lille durant trois ans avant le saut dans l’aventure de l’entrepreneuriat en 2016, avec trois diplômés de sa promotion avec qui il avait gardé le contact. « J’ai toujours eu l’âme d’un entrepreneur et toujours aimé créer », confie-t-il. « Ce qui se traduisait aussi à l’INSA par un important investissement associatif : j’ai été président d’Indiaction, trésorier du Pôle humanitaire, participé à tous les clubs de sport et créé aussi le club de boxe. » À quatre, ils vont ainsi lancer une société spécialisée dans l’accompagnement de projets digitaux d’entreprises, Magnitude Labs.

Mais Romain n’en restera pas là car, dit-il, il aime que les choses bougent et la nouveauté. Il lance donc aussi, en 2019, son propre studio de jeu, devenu Eritaj Studio après avoir porté le nom du premier jeu né de cette nouvelle aventure, Atlantide. Un jeu « qui a du sens », sens qui a toujours guidé l’ancien étudiant, puisqu’il invite les joueurs à découvrir, en vivant une expérience immersive, l’histoire d’un site extérieur via une enquête géolocalisée et des énigmes à résoudre tout en découvrant les légendes et les mythes qui se sont forgés dans cet espace. Aujourd’hui, le studio a le vent en poupe : ils sont désormais une dizaine à y travailler, développent un nouveau jeu et Romain vient de lancer une levée de fonds, avec la perspective de s’ouvrir au marché nord-américain en s’implantant au Canada.

Aujourd’hui, le game designer n’oublie pas comment l’INSA lui a permis d’en arriver là. Si le réseau et la forte dimension coopérative l’ont « marqué », le diplômé apprécie aussi particulièrement « la manière de réfléchir, d’apprendre à travailler et à résoudre les problèmes » qui lui a été transmise et qui l’« aide encore beaucoup dans son travail aujourd’hui ».

 

En savoir plus :

https://www.magnitude-labs.com

https://www.eritaj.studio

Rédaction : Camille Pons, journaliste

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J'ai toujours été passionné par les avions. 

Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.

J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études. 

Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».

 

De la technologie au collectif

Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.

Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.

La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance. 

Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.

Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.

Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.

Diversité, ouverture et sens pratique

Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »

Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.

Comprendre le monde pour agir

Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »

Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.

Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.

À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »

Former les ingénieurs de demain

Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.

Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »

Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.

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