L’Actu – Janvier 2024
La nouvelle année est l’occasion de faire un bilan des innovations qui ont marqué l’année précédente, toutes inscrites dans les lignes fondatrices de l’INSA et la nouvelle stratégie qui vise à accompagner, à travers la formation, la recherche et les pratiques sur le campus, les grands enjeux sociétaux actuels.
C’est aussi le moment de remercier la communauté impliquée dans ces initiatives et de lui souhaiter une très belle année 2024 !
À CHAQUE ANNÉE SES INNOVATIONS
En 2023, l’INSA Toulouse a été marqué par la mise en œuvre de grands projets structurants : en tête d’entre eux, la mise en route de la nouvelle maquette de formation, la mise en œuvre d’un nouveau modèle d’accompagnement des lycéens, d’origine modeste et rurale notamment, pour renouer avec l’ouverture sociale qui constitue l’ADN de l’établissement, ainsi que le lancement de réflexions et d’initiatives pour améliorer les conditions de vie au travail.
OBJECTIF -10 À -15 % D’ÉMISSIONS DE GAZ
À EFFET DE SERRE EN MOINS D’ICI 3 ANS
Prise en compte des enjeux de transitions écologique et énergétique et réalisation d’économies en limitant les consommations d’énergie, telles sont quelques-unes des raisons qui ont motivé l’INSA Toulouse à conduire un bilan GES à périmètre élargi. Ce bilan donne déjà lieu à des actions d’amélioration pour viser, d’ici à 3 ans, une baisse de 10 à 15 % des émissions de CO2.
MIEUX PRÉPARER LES LYCÉENS
À INTÉGRER L’INSA
Depuis plusieurs années, les actions en direction des lycées se multiplient pour mieux informer et préparer les jeunes à intégrer les rangs de l’école. La convention renouvelée avec le rectorat de Toulouse introduit des nouveautés, parmi lesquelles une aide à la préparation du Grand Oral du baccalauréat et des séances d’information sur les heures consacrées à l’orientation.
SHELL ÉCO-MARATHON : ON NE CHANGE PAS UNE ÉQUIPE (ET UNE ÉCOLE) QUI GAGNE !
S’ils sont des habitués du podium, cette année universitaire, c’est sur la plus haute marche du championnat du Shell Éco-Marathon sur laquelle les étudiants de l’équipe TIM sont montés. Un titre de champion du monde gagné grâce à la mise au point de nouvelles innovations sur des prototypes qu’ils conçoivent de A à Z pour relever le défi de la performance énergétique.
RELEVER LE DÉFI DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
Deux chercheurs de TBI ont créé un consortium dont la vocation est d’inciter leurs homologues à travailler sur la thématique de l’économie circulaire. Les premiers travaux, appliqués à l’échelle de la région avec le soutien du programme Défis clés, pourraient être étendus au-delà, au travers d’une association que le consortium a créée pour agréger d’autres chercheurs au réseau.
GUILLAUME TISSERAND MOUTON & Nans thomassey
Du génie civil au génie humain
Diplômés de l’INSA, Nans et Mouts sont devenus réalisateurs. Mais leur formation d’ingénieur, dont ils ont tiré notamment la capacité d’analyse et une grande ouverture, sert le Génie humain qu’ils placent au centre des voyages qu’ils entreprennent « Nus et culottés ».
Directeur de publication : Bertrand Raquet
Rédaction : Camille Pons
Comité de rédaction, réalisation : service communication
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INSA TOULOUSE
135 avenue de Rangueil
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J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










