L’Actu – Juillet 2024

Les activités de l’INSA Toulouse menées durant cette année universitaire invitent assurément à se tourner vers le futur et à se mettre au vert. Les chercheurs et les enseignants sont en effet de plus en plus impliqués dans des travaux et le développement de formations en lien notamment avec les énergies vertes, celles attendues pour demain, en tête d’entre elles l’hydrogène décarboné. L’établissement invite aussi ses étudiants à se projeter dans ce futur en les initiant de manière active à la démarche prospective.
Cours de prospective


DES COURS DE PROSPECTIVE POUR APPRENDRE À RÉFLÉCHIR SUR L’AVENIR

Et si on invitait les étudiants à « ouvrir un peu la fenêtre » pour que leur positionnement soit éclairé ? Cette année, les étudiants de 4e année étaient invités à « vivre une démarche de prospective ». Une première à l’INSA Toulouse et un enseignement peu courant en formation d’ingénieur. Objectifs : leur apprendre à se projeter dans des futurs possibles et à questionner les choix qu’ils seront amenés à faire en innovation et technique en ayant une vision interdisciplinaire des enjeux présents et futurs à partir d’un seul sujet.

Plateforme SOLIDIA

VERS DU GAZ 100 % VERT

En s’appuyant sur la nouvelle plateforme d’expérimentation SOLIDIA et sur un nouveau projet porté par la société ENOSIS, des chercheurs de Toulouse Biotechnology Institute travaillent à la mise au point d’un bioprocédé innovant, la méthanation biologique, qui permet de produire une nouvelle forme de méthane bas-carbone, substitut au gaz naturel. Ce procédé permet d’augmenter de 60 % environ la production d’un site de méthanisation, tout en supprimant ses émissions de CO2.

Hydrogène vert

QUAND L’HYDROGENE VERT S’INVITE DE PLUS EN PLUS DANS LA FORMATION

L’INSA Toulouse est partenaire du projet Genhyo qui a été récompensé par le prix du jury lors de la cérémonie des « compétences et métiers d’avenir Awards ». Sandrine Alfenore, référente du projet, dresse un point d’étape sur sa mise en œuvre, notamment en matière de développement de la formation qui vise à préparer de futurs ingénieurs à soutenir cette filière d’avenir.

Équipe LPCNO

DEMAIN, UN TRANSFERT D’INFORMATION DE PLUS EN PLUS RAPIDE SUR LES GRANDES DISTANCES

L’équipe Optoélectronique quantique du LPCNO vient de publier un article dans la revue Nature. Avec d’autres laboratoires, ils ont obtenu des résultats prometteurs concernant un système qui pourrait servir à terme les télécommunications optiques en permettant de propager l’information à plus haut débit, sur de longues distances et en consommant moins d’énergie.

Taxe d'apprentissage

TAXE D’APPRENTISSAGE : POURQUOI SERT-ELLE AUSSI LES ENTREPRISES ?

La première phase de collecte de la taxe d’apprentissage est l’occasion de rappeler en quoi elle sert aussi les entreprises qui la versent. En finançant notamment des moyens techniques de pointe, ces fonds permettent de développer des compétences qui passent par de l’expérimentation, compétences qui seront des atouts pour les futurs ingénieurs qu’ils seront amenés à recruter.

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matthieu charnay

Décrocher la lune

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ». Guidé par Oscar Wilde, Matthieu Charnay a « osé » faire des choix très divers durant son cursus en visant un unique objectif : travailler dans le domaine du spatial. Aujourd’hui, il est aux portes de Georgia Tech…

Directeur de publication : Bertrand Raquet
Rédaction : Camille Pons
Comité de rédaction, réalisation : service communication

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J'ai toujours été passionné par les avions. 

Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.

J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études. 

Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».

 

De la technologie au collectif

Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.

Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.

La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance. 

Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.

Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.

Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.

Diversité, ouverture et sens pratique

Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »

Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.

Comprendre le monde pour agir

Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »

Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.

Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.

À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »

Former les ingénieurs de demain

Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.

Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »

Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.

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