[L’Actu – Juiillet 2026]
Vers le renouvellement du label HR Excellence in research
En 2017, l’INSA Toulouse s’engageait dans une démarche d’amélioration continue de ses pratiques RH concernant ses enseignants-chercheurs. Cette démarche était récompensée dès 2018 par le label européen HR Excellence in Research, qui consacrait la capacité de l’établissement à proposer un recrutement ouvert, transparent et basé sur le mérite, et à offrir un environnement de qualité pour le travail et les progressions de carrières. Toujours en ordre de marche sur ces questions, l’INSA demande le renouvellement du label pour 2027.
Anciennement appelé HRS4R, pour Human Resources Strategy for Researchers, le label HR Excellence in Research est décerné par la Commission européenne aux organismes et établissements de recherche engagés dans la mise en œuvre de la Charte européenne du chercheur. Cette charte expose des recommandations pour permettre aux établissements d’améliorer les conditions de recrutement et de travail de leurs enseignants-chercheurs, afin de leur offrir des carrières de recherche attractives. En l’attribuant en 2018 à l’INSA Toulouse, la CE attestait que l’établissement était bien engagé dans une démarche d’amélioration continue de ses pratiques en la matière et que ses enseignants-chercheurs allaient donc pouvoir :
- bénéficier de procédures de recrutement ouvertes, transparentes et basées sur le mérite ;
- évoluer dans un environnement professionnel soucieux de la qualité de vie au travail, mais aussi de la formation et de la progression de carrière ;
- être accompagnés dans des pratiques éthiques et déontologiques ;
- profiter d’une meilleure visibilité dans leurs réponses aux appels à projets européens.
Bien engagé dans ces pratiques et toujours volontaire pour aller encore plus loin, l’établissement a fait une demande de renouvellement de cette labellisation le 3 juin dernier. Une demande pour laquelle l’INSA espère un audit de la Commission européenne d’ici un an environ. Confirmer cette labellisation est une étape importante pour l’INSA. Comme le soulignent les pilotes du projet, Omar Choa, chargé d’aide au pilotage de la recherche, et Alice Trannois, chargée de projets et d’accompagnement RH, ce label permet en effet « d’accroître la visibilité et l’attractivité de l’INSA Toulouse aux échelles européenne et internationale ». Et ce, notamment « auprès des doctorants et des post-doctorants étrangers car, même si ce n’est pas le premier critère regardé, ce label peut les conforter dans leur choix, et ce d’autant qu’à l’échelle du site, seuls 3 établissements le détiennent ».
Développement des carrières et environnement plus inclusif pour tous
Le label a donc un effet « incitateur » et, de fait, il atteste d’actions très tangibles. Concernant le recrutement, l’établissement s’était progressivement attelé à traduire et à publier ses offres d’emploi sur Euraxess, le portail de la CE, pour encourager la mobilité. Concernant les conditions de vie et de travail, il a établi un schéma directeur RH, adopté en 2025, et a commencé à mettre en œuvre les orientations et actions inscrites dans ce cadre. Par ailleurs, le label appuie la politique de soutien aux nouveaux enseignants-chercheurs, politique que l’établissement a renforcé en 2025. Celle-ci prévoit de pérenniser la journée d’accueil consacrée aux nouveaux enseignants-chercheurs, l’octroi de décharges d’enseignement spécifiques en leur faveur, le temps qu’ils « prennent leurs marques » et lancent leurs projets de recherche, mais aussi des aides financières pour le recrutement de stagiaires, des dépenses de fonctionnement et des achats d’équipements. Concernant les scientifiques étrangers, l’établissement travaille à améliorer leur accueil en structurant le soutien en langue anglaise, notamment à travers la traduction des documents internes et des supports de communication de l’établissement.
L’établissement cherche également à améliorer l’équilibre entre les missions scientifiques de ses personnels et leurs responsabilités administratives, sur lequel veillent deux conseillères dédiées au développement des carrières. Ces dernières doivent aussi faire connaître les dispositifs d’accompagnement mis à disposition des enseignants-chercheurs. L’établissement renforce aussi son offre de formation au management.
L’intégrité scientifique : un sujet particulièrement pris « au sérieux »
L’INSA Toulouse a enfin porté une attention spécifique au volet ciblant l’intégrité scientifique : en 2024, il ratifiait la Charte française de déontologie des métiers de la recherche (de l’Office français de l’intégrité scientifique) et faisait adopter par le CA sa propre charte d’intégrité. Ces documents consacrent officiellement les grands principes auxquels tous les scientifiques qui évoluent à l’INSA Toulouse doivent se conformer ; ils doivent systématiquement citer leurs sources, s’assurer de l’exactitude et de la conformité des données produites et déclarer tout conflit d’intérêt dans le cadre d’un projet de recherche ou d’une évaluation. Des « consignes » qui peuvent paraître évidentes mais sont importantes à rappeler pour l’INSA, qui « prend ce sujet très au sérieux », insiste Omar Choa. Surtout dans un contexte où la promotion des carrières est particulièrement dépendante du nombre de publications et où « la tentation de biaiser son travail peut être grande ». Pour garantir le respect de ce cadre, une bonne communication et la sensibilisation à ce sujet, l’établissement a nommé une référente intégrité scientifique. C’est elle qui, en cas de soupçons ou de signalements, instruira les enquêtes. L’élaboration d’une charte sur l’IA générative est venue récemment renforcer ce cadre, en anticipant l’impact grandissant de cette technologie sur tous les aspects de la recherche et en définissant une ligne de conduite en cohérence avec les valeurs et les engagements de l’INSA Toulouse.
Rédaction : Camille Pons
INSA Toulouse
135 avenue de Rangueil
31077 Toulouse cedex 4
Tél : 05 61 55 95 13
Fax : 05 61 55 95 00
J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










