[L’Actu – Octobre 2024]

Une nouvelle plateforme pour déployer des TP avancés en cybersécurité

Elles ont été livrées mi-octobre au département Génie électrique et informatique : 4 salles de TP communiquant entre elles, équipées de machines permettant notamment d’avoir la main sur la configuration du réseau et du système d’exploitation, serviront à mener des TP avancés dans le domaine de la cybersécurité. Pour l’INSA Toulouse, il s’agit d’un pas de plus pour répondre à un enjeu fort actuel, les besoins en recrutement massifs actuels et à venir dans ce domaine.

Salle - TP de cybersécurité

Certes, l’INSA Toulouse n’était pas totalement éloigné des besoins en matière de cybersécurité puisque l’établissement proposait déjà, depuis une dizaine d’années avec l’ENSEEIHT (École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications) et l’ENAC (École nationale de l’aviation civile), une formation pour les élèves ingénieurs de 5e année, TLS-SEC, consacrée à la sécurité informatique (sécurité logicielle et matérielle, des réseaux filaires et non filaires, cryptographie, gouvernance de la sécurité…), ainsi qu’un mastère spécialisé en sécurité des systèmes d’information qui y était adossé. Mais aujourd’hui, l’établissement va pouvoir « aller plus loin », comme le souligne Vincent Migliore, le directeur adjoint du département Génie électronique et informatique (GEI), grâce à la mise en place toute récente d’une plateforme de cybersécurité.

Qu’est-ce qui va changer concrètement ? Le département GEI a accueilli 4 salles de TP, équipées entre autres de 50 machines (pouvant accueillir le double d’étudiants en binômes) et d’écrans interactifs et alimentées par la fibre optique, qui ont pour vocation de constituer une « plateforme de cybersécurité » pour des expérimentations, des simulations et des exercices à mener dans des conditions proches de la réalité.

 

Des TP avancés, dans un cadre où le système de sécurité de l’INSA est préservé

« Nous pouvons déployer ce que nous voulons dedans », détaille Vincent Migliore. « Nous avons accès aux parties matérielles des machines ou encore la main sur la configuration du réseau et du système d’exploitation que nous pouvons ainsi adapter à toutes les problématiques de sécurité : sécurité réseau, sécurité du système d’exploitation, sécurité logicielle ou encore sécurité matérielle. Nous pourrons ainsi simuler des attaques, des altérations matérielles (sur des composants par exemple) et les analyser, observer les communications avec l’extérieur puisque nous pourrons aussi configurer un réseau local avec toutes les salles, etc. Et nous pourrons faire ces ‘bêtises’ sans qu’il y ait d’impact sur le réseau et les autres machines de l’établissement car ces configurations sont temporaires ». Temporaires en effet, car ces configurations possibles disparaissent dès que l’on éteint la machine…

« C’est très rare, dans le cadre de formations, de pouvoir avoir la main sur le comportement d’un ordinateur ou de son réseau. Or, si on ne peut pas être administrateur d’une machine, cela limite l’analyse et la compréhension du système. Là, nous allons pouvoir aller bien au-delà d’un enseignement standard en déployant des TP avancés dans le domaine de la sécurité », se réjouit l’enseignant au vu des perspectives qu’offrent ces nouvelles salles de TP.

À la base, ces salles devaient être financées, si le projet était retenu, par un appel à manifestation d’intérêt « Compétences et métiers d’avenir » (AMI CMA) auquel l’INSA Toulouse a répondu avec 24 autres partenaires (lire l’encadré). Mais elles ont pu être déployées avant les ultimes phases de sélection grâce à un appel à projets interne à l’établissement. Et elles présentent un autre atout de taille : elles vont pouvoir servir des enseignements autres que ceux dédiés à la sécurité informatique (IOT, IA, quantique…) et d’autres spécialités, comme le Génie physique ou encore la pré-orientation IMACS (Ingénierie des matériaux, composants et systèmes).

 

Cybersécurité : une stratégie globale

Cet équipement ne constitue qu’un pan de la stratégie de l’INSA Toulouse pour répondre aux enjeux en matière de formation à la cybersécurité. L’établissement se positionne en effet au sein d’un projet ambitieux, OSMOSE (Occitanie – sensibilisation et montée en compétence en sécurité), qui a été soumis en janvier 2023 dans le cadre d’un AMI – CMA avec 24 autres partenaires, parmi lesquels figurent la Région et le rectorat académique et, côté industriels, Airbus, Thalès et Continental. Ce projet vise à renforcer les compétences de la filière cybersécurité en Occitanie pour laquelle les besoins sont aussi « criants » qu’au niveau national : en développant divers modules de formation pour former du secondaire au supérieur, en formation initiale et continue, mais aussi en déployant des outils pédagogiques innovants. Parmi eux, figure un projet de Cyber Range qui serait au service de toute l’Occitanie. Reposant sur un serveur très puissant (il sera hébergé dans le data center régional d’Occitanie), cet environnement de simulation informatique permettra tout autant d’expérimenter des technologies et de réaliser des exercices pratiques pour tester des compétences sur des scénarios avancés et cas d’usages complexes, que d’initier des non spécialistes à la cybersécurité. Dans leur réponse à l’appel à manifestation d’intérêt, les partenaires rappellent que le secteur numérique régional constitue le 3e de France en termes d’emplois et que, selon un diagnostic réalisé par la Cité de l’Économie et des Métiers de Demain et par l’université de Montpellier, « un doublement des ressources est attendu à horizon 2025 » afin de « porter les effectifs régionaux à environ 6000 ETP, soit un ajout net de 3000 emplois ».

 

Rédaction : Camille Pons, journaliste

EN 1 Clic

Annuaire
ENT
Rejoindre
les équipes
Marchés publics

Soutenir l’excellence

Fondation
INSA
Taxe
apprentissage

INSA Toulouse
135 avenue de Rangueil
31077 Toulouse cedex 4
Tél : 05 61 55 95 13
Fax : 05 61 55 95 00

J'ai toujours été passionné par les avions. 

Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.

J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études. 

Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».

 

De la technologie au collectif

Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.

Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.

La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance. 

Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.

Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.

Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.

Diversité, ouverture et sens pratique

Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »

Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.

Comprendre le monde pour agir

Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »

Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.

Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.

À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »

Former les ingénieurs de demain

Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.

Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »

Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.

Logo Communauté d'universités et établissements de Toulouse
Logo HR Excellence in research
Logo Bienvenue En France

Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.

INSA Toulouse
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.
En cliquant sur "Accepter", vous acceptez l'utilisation de cookies en provenance de ce site ainsi que notre politique de protection des données personnelles.