L’Actu – Octobre 2024
BERTRAND RAQUET – 10 ANS DE MANDAT :
« J’AI EU LA CHANCE DE TRAVAILLER AUPRÈS D’UNE COMMUNAUTÉ FORMIDABLE »
L’innovation sera son empreinte : ses 10 ans de mandat ont été marqués par un fort soutien à la recherche et une refonte totale de la formation pour répondre notamment aux enjeux de transition écologique et énergétique et former des ingénieurs humanistes, mais également par la remise en avant des valeurs inclusives portées par le modèle INSA. Enrichi par son travail auprès « d’une communauté formidable », Bertrand Raquet n’imagine pas la suite de sa carrière sans continuer à se mettre au service de l’ESR.
DES ÉTUDIANTS
(ET DES SOUTIENS) EN OR
7 qualifiés aux Jeux olympiques et aux Paralympiques, alors qu’ils étaient 3 aux Jeux de Tokyo, 2 médailles d’or et 2 médailles d’argent contre 2 en 2021, en argent et en bronze : le palmarès des sportifs de haut niveau de l’INSA Toulouse est réjouissant. Leurs réussites récompensent autant leur ténacité que l’établissement qui les soutient dans leur double projet sportif et d’études.
LES ENZYMES AU SERVICE DU
RECYCLAGE DES PLASTIQUES
Après la mise au point d’un procédé qui rend l’un des plastiques les plus utilisés entièrement recyclable, des chercheurs innovent encore avec un procédé qui permet à du plastique d’origine végétale d’être 100 % biodégradable dans du compost domestique. Ces avancées avec des bioprocédés sont remarquables au regard des enjeux colossaux en termes de gestion de fin de vie des plastiques.
UNE PLATEFORME POUR FORMER
LA CYBERSÉCURITÉ
Opérationnelles depuis mi-octobre au département Génie électrique et informatique, 4 salles de TP communiquant entre elles serviront à mener des TP avancés dans le domaine de la cybersécurité. Cet équipement doit permettre d’appréhender la sécurité réseau, logicielle ou encore matérielle d’un système d’information, notamment via des simulations et des cas d’études proches de la réalité.
POUR LUTTER CONTRE
LA SURCHAUFFE URBAINE
Lutter contre la surchauffe urbaine, tel est l’enjeu d’un projet national collaboratif qui unit 70 partenaires, dont le LMDC. Celui-ci vise à faire un état de l’art des solutions existantes et à mettre au point des outils d’évaluation, en s’appuyant aussi sur des « démonstrateurs », pour que les acteurs de l’aménagement urbain puissent choisir les solutions les plus adaptées à chaque contexte.
KATJA AUFFRET
Formée pour devenir ingénieure, Katja Auffret a préféré l’habit d’enseignante. Pourquoi ? Parce qu’elle a le goût de l’innovation pédagogique et aime donner à apprendre en suscitant des émotions. Ce qui l’a menée prendre à l’INSA Toulouse la responsabilité des LV2 puis du C2IP.
Directeur de publication : Bertrand Raquet
Rédaction : Camille Pons
Comité de rédaction, réalisation : service communication
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INSA TOULOUSE
135 avenue de Rangueil
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Fax : 05 61 55 95 00
J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










