Marie THÉVENOT

Marie Thévenot est présidente de l’Association des personnels de l’INSA (API) depuis maintenant cinq ans. Ce qui la porte ? Donner de soi, faire plaisir, pour se faire plaisir. Aujourd’hui, l’association, emmenée par une équipe de 21 bénévoles, compte 366 adhérents, propose 17 activités sportives, de loisirs et de bien-être et des événements jugés incontournables par la plupart des membres de l’établissement.

 

 

Elle est à l’INSA Toulouse depuis 2007 et son parcours professionnel est à l’image de ce qu’elle est, ouvert… Marie Thévenot a en effet occupé trois postes totalement différents en l’espace d’une quinzaine d’années. Après 11 ans passés à occuper le poste d’assistante de communication, elle fera un premier virage en 2018 vers le dispositif Égalité des chances, pour accompagner les collégiens et lycéens des quartiers prioritaires ou en situation de handicap à poursuivre dans l’enseignement supérieur, avant de devenir assistante de direction du Mastère spécialisé Ingénieur d’affaires industrielles en 2021.

Son investissement bénévole à l’API a commencé il y a 7 ans. Elle y occupe le poste de présidente depuis 5 ans. « J’étais d’abord une bénévole volante mais quand je vois qu’il y a des choses à améliorer, que l’on peut proposer de nouveaux projets, de nouvelles activités, je m’investis encore plus », explique-t-elle. Elle a donc pris très vite des responsabilités au sein de l’association, d’abord au sein de commissions, ensuite en tant que trésorière jusqu’à ce que l’ancienne présidente, qui avait remarqué son investissement, lui demande d’assurer la passation. Qu’elle va accepter. « J’avais envie de m’investir. J’ai toujours baigné dans l’associatif, depuis toute jeune, j’aime aider les autres, être utile et je peux acquérir des compétences que je n’ai pas l’occasion de développer et de pratiquer dans le cadre de mon travail, comme la gestion de projet, d’équipe, l’animation de réunion, etc. », raconte-t-elle. « Ça m’apporte énormément ! »

 

L’envolée des activités de loisirs et sportives

Dès lors, Marie et les membres actifs de l’API, ne se contentent pas de développer les prestations qui existaient à l’origine, telles que les voyages et les sorties culturelles ou les achats groupés qui permettent aux personnels de commander des produits sur diverses périodes de l’année. Elle va notamment donner, avec les membres du Bureau, une impulsion aux activités physiques et sportives proposées aux personnels. Grâce au partenariat avec le centre des APS, qui permet de disposer des installations sur place (gymnase, équipements, vestiaires, douches), l’API en propose aujourd’hui une quinzaine alors qu’il en existait seulement quelques unes au départ : se sont ainsi ajoutés au badminton, au football et à la gym notamment la boxe, le volley, la danse, mais aussi des activités de bien-être comme le pilates ou le yoga ou encore des activités de loisirs, comme les jeux de société, activités portées aujourd’hui par la même commission. Une offre dont la présidente de l’API est assez fière, car, observe-t-elle, « celle-ci contribue à la qualité de vie au travail car elle permet aux personnels d’avoir au minimum 1h de pratique physique au travail ». 

C’est aussi sous ses deux mandats que se sont fortement développés l’événementiel et les partenariats internes et externes, qu’elle « adore ». Parmi les 5 événements annuels pérennes, Marie aime bien citer trois rendez-vous phares : la fête des personnels en juillet, le marché des créateurs et le Noël des enfants en décembre. Un Noël qui permet « de rassembler aujourd’hui l’intégralité des familles depuis qu’il a été décalé du mercredi au dimanche il y a 3 ans, mais aussi d’attirer les enseignants-chercheurs alors que le rendez-vous était plutôt prisé par les BIATSS », se réjouit Marie Thévenot. « Résultat, alors que le rendez-vous attirait 150 personnes, il en ramène plus de 300 aujourd’hui dans le gymnase, dont 140 enfants. »

Avec mon équipe, on aime faire plaisir, se faire plaisir,
sans rien attendre en retour

Équipe API, Noël

Quant à l’association, elle rassemble aujourd’hui 366 personnes sur les 650 personnels de l’INSA, dont 280 adhérents sportifs. Pour la présidente, c’est surtout parce que l’API « a su davantage répondre aux attentes » et grâce au travail de l’ensemble des bénévoles, « riches de leur diversité, en âges, métiers, origines, idées ». « Avec mon équipe, on aime faire plaisir, se faire plaisir, sans rien attendre en retour. On le fait pour le collectif, c’est ce qui nous anime », aime-t-elle souligner. En témoigne l’un des grands plaisirs qu’elle tire elle-même de son action bénévole, « voir les yeux des enfants s’illuminer à l’arrivée du Père Noël ! ». « C’est le retour des gens et la satisfaction de ceux qui vous disent ou vous écrivent que vous êtes merveilleux qui me touchent le plus et me transcendent ! Tout autant que l’effervescence et la bonne ambiance qui nous animent avec mon équipe, nos moments de partage, l’excitation et le stress à l’approche des événements », poursuit la présidente qui invite d’ailleurs d’autres personnels à venir s’engager dans l’association.

 

Les nouvelles idées ne manquent pas. À titre d’exemples, Marie Thévenot aimerait créer une commission enfants pour développer des sorties spécifiques, des activités ou des événements sur le campus (chasse aux œufs, ateliers thématiques scientifiques…), développer le co-voiturage (projet en cours) ou encore créer une commission action solidaire pour développer des actions telles que des vides-dressings, monter une friperie, animer une journée dons avec l’université Toulouse 3 – Paul Sabatier.

 

Portrait réalisé par Camille Pons, journaliste.

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J'ai toujours été passionné par les avions. 

Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.

J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études. 

Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».

 

De la technologie au collectif

Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.

Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.

La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance. 

Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.

Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.

Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.

Diversité, ouverture et sens pratique

Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »

Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.

Comprendre le monde pour agir

Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »

Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.

Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.

À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »

Former les ingénieurs de demain

Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.

Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »

Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.

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