L’Actu – Avril 2023

À la fin du second semestre, se jouent toujours deux choses : le recrutement de nouveaux étudiants et l’arrivée de nouveaux financements issus de la taxe d’apprentissage versée par les entreprises. Une occasion de rappeler aux premiers qu’ils peuvent candidater sur des filières sélectives et innovantes comme Eng’INSA, et aux secondes que ces ressources permettent à l’INSA Toulouse de former leurs futurs ingénieurs sur du matériel de pointe…

LA TAXE D’APPRENTISSAGE,
UN DISPOSITIF AU SERVICE DE LA FORMATION ET DE L’ÉCONOMIE

Investir dans de l’équipement pour la fabrication et l’assemblage électronique, des solutions pour la conception 3D, des presses pour le béton, des fermenteurs… : c’est ce que permet chaque année la taxe d’apprentissage versée par les entreprises à l’INSA Toulouse. Des entreprises qui « investissent » ainsi sur des futurs ingénieurs opérationnels, qui auront été formés sur du matériel de pointe similaire à celui qu’ils retrouveront en environnement professionnel.

Eng'INSA

ENG’INSA, UNE EXPÉRIENCE INTERCULTURELLE IMMERSIVE

En 1re année, il est donné à vivre à des étudiants une expérience immersive unique dans un environnement et avec des méthodes de travail interculturelles, et de suivre un enseignement entièrement élaboré selon un modèle pédagogique anglo-saxon. Ce programme sélectif, baptisé Eng’INSA, sera ouvert aux nouvelles candidatures étrangères et françaises dès le mois de mai.

PERSONNELS : VERS UN NOUVEAU CADRE DE TRAVAIL PLUS ÉPANOUISSANT

Lancé en mai 2022, le chantier visant à améliorer le Cadre et les Conditions de Vie et de Travail des personnels voit émerger les premières propositions. Parmi elles, les possibles extension du télétravail pour tous et la bascule de temps complets sur une semaine de 4,5 jours pour les personnels qui le souhaitent. Les nouvelles actions dans tous les domaines seront mises en place d’ici à 2024.

Eng'INSA

ECIU UNIVERSITY : 4 ANS DE PLUS POUR DÉPLOYER DES APPROCHES INTERDISCIPLINAIRES INNOVANTES

Lauréate pour la 2e fois de l’appel à projets « Alliances Européennes », ECIU University vise une évolution sur deux grands axes : étendre à tous les étudiants le modèle d’apprentissage interculturel et interdisciplinaire déjà testé sur les niveaux masters, mais aussi l’approche par challenges, l’un des dispositifs ouverts aux étudiants, aux projets de recherche et d’innovation.

VALORISATION DE BIOGAZ : ET SI ON TESTAIT DE NOUVEAUX PROCÉDÉS À L’ÉCHELLE SEMI-INDUSTRIELLE ?

Avec la mise en service de la plateforme SOLIDIA BIOGAZ, l’INSA Toulouse confirme sa volonté d’accompagner dans toutes ses activités la transition énergétique, l’un des grands enjeux auquel le territoire est confronté. En effet, cette plateforme de recherche et de développement, conçue par le CRITT GPTE avec Teréga et CLER VERTS, sera dédiée à la valorisation du biogaz.

Romain Aymard

 

PORTRAIT

On peut être ingénieur et créatif : Romain Aymard l’a découvert à l’INSA Toulouse d’où il est sorti diplômé en 2011. Il a su être créateur d’entreprise et de jeux vidéo grâce à des connaissances et compétences acquises en formation et sur le campus.

Directeur de publication : Bertrand Raquet
Rédaction : Camille Pons
Comité de rédaction, réalisation : service communication

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J'ai toujours été passionné par les avions. 

Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.

J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études. 

Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».

 

De la technologie au collectif

Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.

Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.

La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance. 

Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.

Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.

Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.

Diversité, ouverture et sens pratique

Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »

Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.

Comprendre le monde pour agir

Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »

Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.

Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.

À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »

Former les ingénieurs de demain

Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.

Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »

Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.

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