L’Actu – Avril 2025
Le printemps invite à se mettre au vert… Des initiatives visent en effet à (re)placer au cœur du programme, du fonctionnement et de la vie du campus, les enjeux de transition écologique et sociétale. Gilles Hébrard a pris les rênes de la première direction ajointe dédiée à cette question et s’attelle à la création d’un centre dédié. Et les étudiants s’approprient de leur côté la philosophie de l’économie circulaire via un nouveau module électif. Le printemps sera aussi l’occasion d’un retour vers le futur avec l’organisation, en mai prochain, des 24h de Toulouse.
24H DE TOULOUSE : LE GRAND RETOUR !
Après plus de 20 ans d’absence, les 16 et 17 mai, le festival autrefois appelé les 24h de l’INSA fera son grand retour à l’INSA Toulouse. Il change de nom pour prendre celui des 24 Heures de Toulouse, illustrant ainsi la volonté de ceux qui le portent d’élargir cet événement à toutes les écoles partenaires. Mais il reprend la même philosophie : rassembler autour d’un challenge sportif sur 24h non-stop, dans une ambiance festive et culturelle, et en faire le point d’orgue de l’année universitaire qui vient de s’écouler.
UNE DIRECTION ADJOINTE « REPONSABLE» POUR DONNER UN CAP « DURABLE» À l’INSA
C’était l’une des mesures phares annoncées par Alexandra Bertron : une direction adjointe dédiée à la transition écologique et sociétale a été installée, avec à sa tête Gilles Hébrard. Celui-ci avait déjà porté, avec Sandrine Laguerre, en tant que référents développement durable, toute une série d’actions depuis 3 ans qui avaient permis, pour la seule consommation énergétique, une réduction notable des émissions de carbone.
LUMIÈRE SUR
LES POLLUANTS ÉTERNELS
Bruno Chaudret, directeur de recherche CNRS au LPCNO, dont il a été directeur, membre de l’Académie des Sciences et lauréat de nombreuses distinctions scientifiques, a piloté pour l’Académie des Sciences un rapport sur les « polluants éternels ». Il dresse un état des lieux solide sur ces molécules et formule plusieurs recommandations afin de mieux les contrôler, les dégrader et les substituer, alors qu’elles servent de très nombreuses applications, dont certaines sont essentielles dans notre quotidien.
AMI CMA :
VERS DES COMPÉTENCES D’AVENIR ?
Hydrogène vert, avion décarboné, technologies quantiques, économie circulaire, éoliennes en mer, cybersécurité, spatial… : Toulouse se positionne sur les enjeux stratégiques soutenus dans le cadre de France 2030 pour offrir une formation hautement qualitative et en adéquation avec les besoins de demain.
SAVOIR RÉPARER POUR MIEUX
ÉCO-CONCEVOIR PLUS TARD
Aujourd’hui, seuls 44 % des objets qui tombent en panne sont réparés. L’INSA Toulouse a choisi de proposer aux étudiants de se former à ces réparations, en 3e année de leur cursus ingénieur : pour les sensibiliser à l’économie circulaire, faire en sorte qu’ils soient demain des ingénieurs éco-conscients et éco-concepteurs, mais aussi des citoyens désireux de transmettre ces savoir-faire.
CAROLE MOLINA JOUVE
Spécialiste en bioprocédés, cette chercheuse s’est illustrée en se positionnant sur des travaux précurseurs, mais aussi en manageant de la recherche. Elle conjugue désormais, en devenant directrice de la recherche de l’institut, cette dernière activité avec le « nous » plutôt qu’avec le « je ».
Rédaction : Camille Pons
Comité de rédaction, réalisation : service communication
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INSA TOULOUSE
135 avenue de Rangueil
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J'ai toujours été passionné par les avions.
Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.
J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études.
Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».
De la technologie au collectif
Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.
Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.
La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance.
Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.
Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.
Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.
Diversité, ouverture et sens pratique
Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »
Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.
Comprendre le monde pour agir
Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »
Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.
Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.
À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »
Former les ingénieurs de demain
Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.
Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »
Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.
Dans un souci d'alléger le texte et sans aucune discrimination de genre, l'emploi du genre masculin est utilisé à titre épicène.










