L’Actu – Octobre 2023

L’INSA Toulouse a 60 ans cette année ; l’école fait aussi une rentrée sous le signe de la nouveauté avec la mise en route de la nouvelle maquette de formation, qui prend notamment en compte les grands enjeux sociétaux que sont la transition socio-écologique et le numérique, le besoin d’apprentissage interdisciplinaire, puis l’installation d’un nouveau directeur des études et de la formation au pilotage de sa mise en œuvre et enfin la signature de nouvelles conventions de mécénat qui viennent soutenir ces orientations…

60 ans - article

 L’INSA TOULOUSE A 60 ANS

Le 20 octobre 1963, la première promotion de l’INSA Toulouse s’installait sur les bancs de l’école encore en chantier. C’est avec eux et l’ensemble de la communauté INSA que l’établissement a fêté ses 60 ans le 22 septembre dernier, sur le campus. Un moment festif pour célébrer à la fois la longue lignée de diplômés qui a suivie et les valeurs que porte depuis toujours l’établissement : former des ingénieurs innovants et humanistes et originaires de tous horizons. Une fête conçue par et pour les insaïens et forte en émotions…

JY Dauxois

UN NOUVEAU « PILOTE » POUR ACCOMPAGNER L’ÉVOLUTION DE LA FORMATION

Enseignant-chercheur à l’INSA Toulouse, Jean-Yves Dauxois a pris ses fonctions de directeur des études et de la formation le 1er septembre. Il doit assurer le portage et le suivi de l’évolution de la nouvelle maquette de formation, dont les premières transformations sont déjà à l’œuvre, avec, entre autres, des cours dédiés à la transition socio-écologique et au numérique responsable.

SII SOPRA

  DES ENTREPRISES MÉCÈNES POUR SOUTENIR LA FORMATION D’INGÉNIEURS

Les 2 et 9 octobre derniers, l’INSA Toulouse signait deux conventions de mécénat avec SII Sud-Ouest et SOPRA STERIA. Outre financer des bourses d’étudiants, leurs dons vont notamment permettre d’accompagner deux chaires qui ont vocation à soutenir la prise en compte dans la formation les enjeux du numérique responsable et les nouveaux défis de l’ingénierie pour le spatial.

Metasol

ET SI ON S’AFFRANCHISSAIT DU CHARBON POUR PRODUIRE DE L’ACIER ?

Une équipe de chercheurs de l’INSA Toulouse s’est lancée un défi de taille : mettre au point un procédé de production de l’acier qui serait décarboné en s’appuyant sur de l’urée animale et sur le soleil. Alors qu’ils ont pu montrer que le process fonctionne à l’échelle d’un laboratoire, ils s’attaquent à évaluer si cette métallurgie solaire pourrait permettre une production à grande échelle.

Site web

LE SITE WEB DE L’INSA FAIT PEAU NEUVE

 

C’est aussi une grande nouveauté de cette rentrée : l’INSA Toulouse a lancé son nouveau site web. Sa particularité ? S’inscrire dans la lignée des valeurs portées par l’établissement : il a ainsi été conçu pour être inclusif, éco-responsable et en s’appuyant sur une démarche de co-construction avec la communauté.

P-Besse

 

PORTRAIT

Il vient de co-signer une tribune pour alerter sur les fantasmes qui entourent l’IA. La statistique et l’informatique ont guidé le parcours de Philippe Besse. Mais tout autant que son engagement, caractéristique forte de son ADN, visible dans ce type de prises de position.

 

Directeur de publication : Bertrand Raquet
Rédaction : Camille Pons
Comité de rédaction, réalisation : service communication

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J'ai toujours été passionné par les avions. 

Après une rentrée en classe préparatoire, il réalise rapidement que ce modèle ne lui correspond pas pleinement. Il trouve alors à l'INSA un équilibre entre exigence académique et ouverture à d'autres centres d'intérêt.

J'aimais aussi lire, sortir, avoir une vie en dehors des études. 

Le choix du génie électrique s'impose ensuite naturellement. Pour celui qui rêve d'aéronautique, cette spécialité représente alors « le centre nerveux des avions ».

 

De la technologie au collectif

Diplômé, après des stages à Motorola, Jean-Marie Garigue rejoint Alcatel, où il travaille sur des systèmes de traitement du signal et de l'image pour satellites. Guidé par son goût pour les technologies, il poursuit ensuite son parcours chez Alcatel puis Thales, dans des domaines aussi variés que les radars, la cybersécurité, la navigation, l'observation optique ou les télécommunications spatiales.

Au fil des années, se renforce cette idée que la performance technique seule ne suffit pas.

La performance technique a besoin de la performance collective pour conserver une longueur d'avance. 

Cette conviction l'amène vers le management de projets puis vers des fonctions de direction. Dans une famille d'enseignants où l'accomplissement collectif comptait davantage que les titres, il voit dans ces responsabilités une occasion d'agir sur la transformation des organisations, leur compétitivité et leur avenir.

Ces responsabilités nourrissent également chez lui un véritable sens entrepreneurial. Au fil de sa carrière, il a vu des entreprises prospérer, se transformer ou parfois disparaître faute d'avoir su anticiper les évolutions de leur marché. Pour lui, l'ingénieur a donc aussi un rôle à jouer dans la capacité des organisations à innover, à se réinventer et à préparer l'avenir.

Après plus de vingt ans chez Thales Alésia Space, il choisit de découvrir un nouvel univers en rejoignant la division avionique de Thales, en tant que responsable de l’ingénierie des équipements, avant d'intégrer Airbus en 2020. Une étape importante pour celui qui se dit particulièrement attaché à la dimension européenne du groupe et à son ancrage territorial.

Diversité, ouverture et sens pratique

Malgré un parcours qui l'a conduit vers de hautes responsabilités industrielles, Jean-Marie Garigue reste profondément attaché au modèle de formation de l'INSA. Il en retient d'abord la diversité. « J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l'international, à côtoyer des étudiants tunisiens, norvégiens et bien d'autres. Cela ouvre les horizons. »

Cette expérience lui paraît aujourd'hui essentielle dans des entreprises mondiales comme Airbus, où la diversité des parcours nourrit la qualité des décisions.
Il souligne également la force du modèle des sciences appliquées. Les travaux pratiques, les projets et le contact avec le terrain développent un sens concret de la résolution de problèmes qu'il continue de valoriser chez les jeunes ingénieurs.
Mais, à ses yeux, l'INSA forme surtout des ingénieurs capables d'aller au-delà de la technique.

Comprendre le monde pour agir

Jean-Marie Garigue insiste sur l'importance des humanités dans la formation. Elles développent la capacité à analyser, argumenter et dialoguer avec des acteurs très différents. « Les ingénieurs doivent être capables de s'intégrer dans leur environnement et de comprendre le monde dans lequel ils agissent. »

Lecteur d'histoire des sciences et de conquête spatiale, il considère qu'aucune innovation ne peut être pensée indépendamment de son contexte économique, social, environnemental ou géopolitique. Cette compréhension des écosystèmes est devenue selon lui une compétence essentielle. Les entreprises, les technologies et les territoires n'évoluent jamais isolément ; leur performance dépend de leur capacité à interagir avec leur environnement et à aller chercher de l'intelligence à l'extérieur.

Très attaché à sa région d'origine, le Lot, il y voit également une manière de rester connecté aux réalités humaines qui doivent entourer l'innovation.

À cela s'ajoutent d'autres marqueurs du modèle INSA auxquels il reste très attaché : les activités associatives et la pratique sportive obligatoire. « Le sport, la culture, les passions personnelles participent aussi à la formation de l'ingénieur et du développement de sa curiosité. Les entreprises ont besoin de profils ouverts sur le monde, pas seulement de spécialistes enfermés dans leur domaine. »

Former les ingénieurs de demain

Face aux défis contemporains, Jean-Marie Garigue estime que le rôle de l'ingénieur est particulièrement stratégique. Transition climatique, intelligence artificielle, souveraineté technologique ou tensions géopolitiques imposent une approche toujours plus globale des problèmes.

Les compétences scientifiques demeurent fondamentales, mais elles doivent désormais s'accompagner d'autres qualités : apprendre en permanence, exercer son esprit critique, comprendre des écosystèmes complexes et fédérer des équipes.
« Le rôle de l'ingénieur se déplace progressivement de la technique pure vers la capacité à agréger des savoirs, interagir avec différents acteurs et construire une vision. »

Des premiers satellites aux systèmes spatiaux d'Airbus, son parcours illustre une conviction forgée au fil des années : les ingénieurs de demain devront maîtriser les technologies autant que les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.

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